Réponse à la lettre CCCCXVIU
Rome et se recoiiiniaïKlciil de Vivonue « ne sont propres à rien ».
D'Auliègc rectifie plusieurs nouvelles données par les gazettes : Châlenayet non Vallavoire fit prisonnier h Taormina le prince Cicinelli. « C'est ce qui n'arrivera plus, comme j'espère, car j'obligerai le Père Prossimi à me porter ses minutes afin que je les voie avant qu'il les envoie. » « Nous avons ici, Monsieur, un grand embarras dans le gouvernement, dont je vous veux entretenir. Outre une infinité de privilèges qu'a la ville de Messine qui lient le plus souvent les mains à ceux qui commandent pour (aire la justice, il y a une immunité ecclésiastique qui met au désespoir. La ville est si fort pleine d'églises et de chapelles que vous ne sauriez faire quatre pas sans en trouver une. Les places publiques en ont une à chaque coin. Ainsi ceux qui veulent assassiner trouvent par toute la ville un asile si proche, qu'il est impossible de pouvoir faire le châtiment d'aucun crime. Ri de là vient qu'on assassine tous les jours des François et des Mcssinois Impunément; car le bras ecclésiastique ne se connoit point à faire aucun châtiment. r^Eglise est une bonne mère qui pardonne tout h ses enfants meurtriers, et elle a pris dans les bulles des papes une si grande précaution pour aller au devant de ces punitions qu'elle a fait des définitions exprès pour diminuer l'espèce et le nombre des crimes, de manière que de tuer ici un homme par derrière ou étant dix contre un, ce n'est pas un assassinat, c'est un cas fortuit pardonnable. L'assassinat est seulement quand on donne de l'argent à une ou plusieurs personnes pour en aller tuer une autre, et s'il n'y a point d'argent donné, ce n'est pas un assassinat. En bonne vérité cela ne vous fait il pas compassion?
« Or, Monsieur, ayant discouru sur cette matière avec le vicaire général sede vacante, je l'ai trouvé si conforme à nos mœurs qu'il m'a dit qu'il ne souhaitoit rien tant que de voir ôter cette immunité ecclésiastique h la plupart des
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églises »le Messine, confessant lui môme avec gémissemeiil (|u'ello éloil la cause d'une infinité de meurtres dans toute la Sicile.
« Pour cet effet, dans la dernière conversation (jue j'ai eue avec lui, il me dit (]u'il falloil écrire h Rome pour obtenir du Pape qu'il n'y eût que trois églises à ^^essine qui jouissent de cette immunité, à savoir l'église principale qu'ils appellent la Mndrc Chiesu et l'église des Jésuites et l'église dos Théatins, et que toutes les autres généralement, de dedans et de dehors la ville, fussent dépouillées de ce cruel privilège.
« Il a choisi les Jésuites et les Théatins parceque déjà ces deux corps de religieux ne reçoivent point chez eux de meurtriers (|uand ils s'y veulent réfugier. Ainsi en apparence la grâce s'accorderoit à trois églises et dans le londs h une seule, qui est l'église métropolitaine. »
D'Autiège prie le cardinal d'Kstrées d'examiner celte solution et explique que, s'il est si dilTicile de correspondre avec Rome, « la raison véritable est que la Cour n'a jamais établi ni barque, ni tartane, ni aucun bâtiment h rame pour cela. On lui en a écrit. Ni pour cela ni pour beaucoup d'autres choses 1res nécessaires nous ne saurions tirer une maille »'. — {Minute : Fr. mX.\, fol. 1 : Ms. de Polignac, année 1611, n° 2.)
CCGCXXXII.
Brancamonte au nue dk Vivomne.
S. 1., IG janvier 1677.
Brancamonte demande que le capitaine de cavalerie don Michel Landei, prisonnier des Français, reçoive un congé
1. Otto lettre est on partie publiée par C. Roussot, np. cit., l. Il, p. 'i4.i, n. 1.
d'un mois, après quoi il retournera à Messine. Brancamonte s'en porte garant.
Le marquis de Castel Rodrigo, vice-roi espagnol, a commis Brancamonte pour traiter des échanges de prisonniers, solda* pour soldat, ofGcier pour officier. Il souhaite de s'entendre sur ce sujet avec Vivonne à qui il envoie en cadeau une boîte de tabac d'Espagne'. — (Ms. de Polignac, année 1611, n» 3.)
CCCCXXXIII.
Du QUESNE AU DUC DE VlVONNE.
Augusta, 16 janvier 1677.
Du Quesne fait faire un radoub de fortune à son navire et décide de .se mettre à la poursuite d'une escadre espagnole qui va charger de l'infanterie en Italie pour la Sicile. Il importe d'aller au-devant d'eux. — (Ms. de Polignac, année 1677 n» 6.)
J'ai reçu par la tartane celle que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du 14°. Je crois que dès hier vous aurez reçu par MM. de Beaulieu, La Fayette et Septèmes- le compte que je vous rends de ce qui s'est passé depuis notre partance et le dessein que j'avois de remettre en mer avec les vaisseaux que j'espérois que vous nous renvoieriez à la place du Grand et du Vaillant, qui ont le plus de besoin de caréner, même que le Prudent, ayant pris des vivres, reviendroit au plus tôt, lui qui n'est pas incommodé. Cependant que j'achève m à réparer ce ([ui se peut en ce lieu, qui est