‹ Correspondance du maréchal de Vivonne relative à l'expédition de MessineChapitre 99 sur 171 · L.\ Vll.l.KDlKl' AU Dl'fi l)E ViVOXXE · texte numérisé non relu

L.\ Vll.l.KDlKl' AU Dl'fi l)E ViVOXXE

Taorraina, 21 avril 1677.

Nouvelles de Taorniina. .Vttaque de deux villages. Hecoimaissante faite par La \'illedieu à Calatabiano jjour prendre du fourrage dans la plaine de l'Alcantera. Il y en a de quoi ravitailler toute la cavalerie française. — (Ms. de Polignac, année 1611, n° 84.)

Le parti que je vous mandois de l'aire sortir, Monseigneur, sous le cominandeinent de M. dWudijos, est retourné aujourd'hui sans avoir trouvé seulement une vache ni un nioiiloii, à savoir à Castelro et aux Graniti; aussi n'a-l-il pas élé bien coiiduil. Je ne puis me détendre d'en donner le oominandetnent à qui je viens de nommer. J'avois prié M. de l'Ile d'y aller aussi. Ils sont entrés ce matin dans le village des Graniti

M. de La Villedieu n'e.xécula pas l'ordre que M. de Vivonne lui avoit donné de chasser tous les habitants de ce poste si délicat. Et M. de La \illedieu ne le fit pas à cause qu'il en fut prié par le gouverneur, nommé Duchesne, et d'autres officiers qui avoient des amourettes dans le lieu, surtout le frère du dit Duchesne, qui avoit pour maîtresse une femme de cette maison de (^hiatto, pour raison de laquelle amourette les Chiatto songèrent à se venger, cniiiuie ils firent. »

sans y avoir trouvé presque aucune résistance, quoique ils aient trouvé plusieurs corps de garde de paysans qui ont plié tout aussitôt. Mais, nos gens étant entrés dans le dit village des Graniti, on les a laissé piller sans aucun ordre i. Quand on s'est voulu retirer, on a été embarrassé et on ne l'a lait ciu'en désordre. Les paysans qui s'en étoient luis dessus une montagne, s'en étant aperçus, ont accouru dans le temps qu'on se retiroit et ont suivi nos gens fort longtemps, si bien (ju'ils nous ont tué ou pris prisonniers douze ou treize soldats et blessé cinq ou six autres de ce nombre là. Il mantiue cinq dragons, deux grenadiers de Louvigny qui ont été tués avec un sergent et quatre ou cinq autres soldats des autres corps. Il y a eu aussi un cornette de dragons blessé au genou assez considérablement, le sous lieutenant des grenadiers blessé à la cuisse, mais dans les chairs seulement. Je vous avoue, Monseigneur, que cela me donne du chagrin.

M. de l'Ile et les autres officiers jettent tous la faute sur leur commandant qu'on croit être un brave homme, mais incapable du moindre commandement. L'on n'a emmené que deux paysans seulement prisonniers, un de Castelro et l'autre des Graniti. Je vous les envoierai au premier jour pour en faire ce qu'il vous plaira. L'on a brûlé une maison ou deux aux Graniti, quoique je l'eusse fort défendu d'en rien faire. S'il est vrai que ce soit la maison de celui (ju'on m'a dit, il n'en faut pas être fâché, car c'est un grand pendart. 11 faudra tôt ou tard mieux châtier ces gens-là. Il n'y a rien de si facile avec deux cents hommes, de l'aveu de tous ces Messieurs qui ont été là, pourvu

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