‹ CorrespondanceChapitre 9 sur 19 · U1GE · texte numérisé non relu

U1GE

Paris, 3 décembre 1

Tu m'accuses bien injustement, ma chère mère; il y a très-longtemps que je t'ai écrit. Je fais tout ce que je peux au monde pour t'obéir dans les plus petits détails.

Je me trouve si bien dans ma chambre avec des hôtes et des domestiques honnêtes et complaisants, que si je peux joindre les deux bouts, je ne la quitterai pas.

Elle est toujours dans un ordre parfait, je m'y plais beaucoup. Mon travail marche régulièrement. Je me prépare à mon examen de droit. Tu as vu que l'École de médecine est supprimée. J'espère que leur système d'épuration n'arrivera pas jusqu'à nous.

Je ne t'ai pas encore parlé du Ztya1. Il est fini.

Je t'enverrai demain le dernier chapitre ; je l'ai lu

■ i Bayard, qui est un fort brave garçon. Je lui ai

un manuscrit très-bien copié qu'il relira ; il

m'a dit que c'était fort bien el qu'il me trouverait

* Terma convenu pour ion livre.

A.VNKE 1 - 185

un libraire. Je saurai cela lundi prochain. Piaget. â qui je l'ai lu aussi, chante monts et merveilles,

mais je n'ose m'y fier. Cette copie, que j'ai faite, m'a pris une grande partie de mon temps.

Je te réponds de ma chambre solitaire; que je serais heureux si tu pouvais la visiter! Je te ferais un bon petit feu , je te présenterais un fauteuil bien rembourré, je te donnerais un livre de droit sur l'adjudication ou toute au Ire glose et nous passerions la plus jolie soirée du monde. Ah ! mon Dieu, que je penserai souvent a nos soirées de tines et de Bourg ! Je n'ai pas encore trop couru Paris , je ne vois rien d'amusant ; si mon cœur était vide et que j'eusse besoin de nouvelles pour remplir mon petit papier, je serais réduit comme la fleur de mes anciennes amours, à dire que j'ai vu un curé, et que les ceintures se portent larges ou étroites selon les circonstances.

Adieu, je te récrirai demain.

Mon manuscrit est à l'heure qu'il est chez un M. Kherbrand, éditeur d'auteurs classiques, qui m'en a fait mille éloges et qui m'accompagnera demain chez le libraire Delaunay.

A monsieur Jérôme Qulnet

A Charolles.

Paris. 28 décembre 1822.

Mon cher père,

Il y a si longtemps qu'à pareille époque je fais des vœux pour vous, ils ont été si rarement exauces, qu'il faut un certain courage à les recommencer. Quoi qu'il en soit, c'est avec un sentiment d'espérance que ma tendresse ranime sans cesse, que je prie le ciel de vous accorder tant de choses qui manquent à votre bonheur.

Je sais que moi-même, par ma jeunesse et par une certaine ignorance de la vie, je n'ai été jusqu'à présent pour vous qu'une source d'amertume. Cependant, si je consulte mes penchants et mes plus secrètes pensées, je ne trouve rien que je ne puisse hautement avouer. Je crois aussi avoir passé le moment le plus difficile, celui où, n'ayant aucune fixe sur rien, on voudrait embrasser tour à tour toutes les carrières, parce que Ton ne connaît encore ni ses goûts ni ses obligations.

ANNÉE 1822 iRT

Me voici tendant à un but déterminé, appliqué i une étude qui me plaît. Puissé-je vous faire oublier l'accusation de légèreté dont vous m'avez si souvent poursuivi.

Je fais partie d'une conférence où nous discutons en forme de procès les principales questions de droit. Samedi dernier j'ai gagné ma cause; je suis ce soir président. Je me prépare aussi à passer un examen. J'aurai besoin, pour cela , de déposer soixante francs au secrétariat.

Que vous dire de ma vie domestique? Je travaille dans ma chambre, avec quelques livres que j'ai achetés.

Je suis le cours de physique de Gay-Lussac et celui de chimie deThénard; celui de M. Arago n'a lieu que dans le printemps. Quant aux cours de droit, j'ai un cours de droit romain, un de droit civil et un autre de procédure. Je prends des notes et je fais des extraits de chacun d'eux.

J'espère pouvoir, par le moyen de M. de Lacretelle, arriver jusqu'aux manuscrits du capitaine Frayssinet, quoique le secrétaire auquel je me suis adressé à l'Institut m'ait dit que cela ne se pourrait guère. Je voudrais que vous puissiez me donner une indication plus sûre du tableau des déclinaisons '. Je n'ai trouvé nulle part le

* Voyez Histoire de mes Idées, p. 176 à 178.

Lgg CORRESPONDANCE

nom d'Abercrombie à la table des transactions.

Recevez, mon cher père, l'expression de ma tendresse et de mon respect.

EDGAR QUIXET.

A madame Eugénie Quinet

A Charolle-.

Pari?, lundi 6 janrier 182 :

Je n'ai jamais tant pensé à toi que ces derniers jours. Je suis vraiment meilleur que je ne croyais. J'ai passé le jour de l'an dans un profond recueillement. Comme j'étais réveillé de très-grand matin, j'ai voulu commencer mon année par l'écrire quelques mots. J'ai ensuite lu Y Imitation de Jé$uê- Christ et lefs Sermons de Massillon. Cette lecture avait tellement disposé mes idées à la ferveur que je n'ai fait autre chose toute la journée que de prier Dieu pour toi, lui demandant aussi avec une incroyable persévérance de m'accorder tout ce qui me manque pour te plaire davantage.

Je suis ainsi arrivé jusque auprès de ma tante à qui j'ai donné une charmante édition des Mes-

J '.'U CORRESPORDARUIS

ïenneë do Delà vigne, et à ses enfants des boîtes

de bonbon?. Elle m'a donné à son tour une épingle avec une topaze et m'a dit des paroles très-satisfaisantes, mais elles ne font pas d'effet sur moi; il semble que ces phrases sentencieuses et corrodes s'adressent à la postérité.

Je suis toujours parfaitement bien dans ma chambre; je prends un grand intérêt à mon droit, depuis que je gagne mes causes à la conférence.

Je m'occupe d'histoire ; je lis celle de Charles V par Robertson, qui esl très-sage, très-bien traduite par M. Suard. Je lis celle d'Angleterre de Hume, dont la marche est bien plus rapide et qui. par la successionconti.iuelle des révolutions, par lamarche et les progrès de la liberté dans les gouvernements représentatifs, offre un immense intérêt. Je n'ai point aimé la conjuration contre Venise par Saint-Réal, ni celle de Portugal par l'abbé Vertot. Depuis eux la science du style et de la critique historique s'est bien développée.

L'Histoire du ranimai de /iichelieu, par M. Jay, esl décidément une gazette. M. de Lacretelle est ,1 ,],. toug ces gens-là qui sache animer sa narration. J'ai relu une partie de ses Guerres de religion. Je ne comprends rien à la manière d'apprécier les productions littéraires qu'adoptent aujourd'hui tous les faiseurs de gazettes de tous les

partis, élevant aux nues ou rejetant dans la boue sans examen ce qui ne répond pas à leurs opinions politiques. Il me semble qu'il y a un si grand charme dans l'étude des lettres, qu'on ne doit les aimer que pour elles-mêmes. Le sentiment en est aussi prompt que l'éclair et devance toute réflexion. I /éloquence et la poésie sont pour moi un concert inattendu qui me charme sans que je voie l'orchestre : peu m'importe que l'exécutant soit louche. Je crois aussi que le sentiment des beaux arts n'est autre chose qu'un amour en expectative. Avec un peu d'imagination, quand le cœui n'est pas occupé par l'image d'une créature chérie, on supplée par L'étude des arts aux émotions qui vous manquent ailleurs.

Je reviens à mes moutons : j'attends impatiemment une lettre de toi pour ne pas avoir à suppléer aitr émotions qui me manquent.

EDGAR Q L'INET.

Le Bya a éprouvé assez de lenteurs et de vexations. On l'a trouvé très-joli ; on l'a porté à Delaunay qui, sur le titre, a répondu qu'il le prendrait, mais sans aucune rétribution. Le petit Bertonnier a fait mieux. Il l'a montré à un imprimeur qui demande cent cinquante francs pour l'habiller d'une robe in-octavo à cinq cents exemplaires, de

cent soixante pages. Pour rette somme, qu'il faut donner en numéraire, je dis qu'il y a certains ustensiles et meubles à vendre. Deuxièmement, le petit Bertonnier qui me doit de l'argent jure par tous les saints qu'il me le donnera à la tin du mois; troisièmement j'ai l'audace d'espérer cette pièce de trente francs dont il a été fait mention. Il n'y aura donc aucun dérangement dans les finances.

Suivant votre réponse l enfant s'attend à être habille de pied en cap, dès le lendemain. Sans plaisanter, je crois que c'est le seul bon moyen. Que risquons-nous? Cet imprimeur n'a pas l'air fripon, mais l'air très-bénin et de bonne volonté. J'attends votre réponse.

année 1823 193

Paris, 23 janvier 1823.

Je te remercie passionnément de ta lionne lettre; De t inquiète pas pour l'argent. J'ai vendu mon matelas avec mes chaises, cinquante francs.

Le B\ja ne fera aucun dérangement dans nos finances.

Aussitôt qu'il sera vêtu de ses somptueux habits, le tailleur se charge de le vendre en entier à un Barbin qui nous payera en billets qu'on pourra faire escompter sur-le-champ.

Au lieu de cinq cents exemplaires, comme nous avions dit, nous sommes montés à mille, ce qui n'élève le prix que de cent francs. J'ai déjà corrigé quatre épreuves ; la cinquième sera sous presse ce soir. Et notre Juif ne peut manquer de faire son apparition la semaine prochaine.

Je voudrais te l'envoyer par la poste (le port ne sera pas plus de six sous), en même temps que Y. {unitaire de mon père. Je ne vois pas d'occasion et cela aurait l'air d'un petit volume de fantaisie.

Le 21 janvier, je suis allé entendre à Saint-

Denis une musique admirable ; c'était pour la cérémonie funèbre. Je tâcherai d'avoir aussi un billet pour lundi. Je suis toujours très-bien dans ma chambre ; tant que les grands froids dureront, j'irai par économie dans un cabinet de lecture. Adieu.

Paris, 10 février 181

Ne t'ai-je pas écrit il y a plus d'un mois qui certificat es! arrivé? Mes fonds sont donc remontés ; je peux me rendre celte .justice que je ne fois aucune dépense qui ne soit indispensable. J'ai déposé les soixante francs pour mon examen que je passerai dans quinze jours. Notre conférence continue très-régulièrement. Comme on tire au BOrl les différentes missions dont on est chargé, je n'ai eu depuis quelques jours que des fonctions purement honoraires , telles que celles de juge auditeur, de secrétaire, voire même, puisqu'il faut l'avouer, d'huissier. J'ai recommence a plaider samedi. Ma cause, toujours tirée au sort, était très-misérable et j'ai été fort heureux de ne la perdre qu'à une majorité de deux voix. Jayr, qui est d'une autre réunion, est tombé malade, il y a un mois. Sa tante, madame Odier, l'a aussitôt emmené chez elle. J'ai été le voir dans sa convalescence, la veille de son départ pour Bourg, où sa mère l'appelait. Madame Odier m'a fait mille

grâces, m'a dit qu'elle m'avait vu tout petit et m'a beaucoup parlé de toi ; ton esprit, ta beauté ne sont point en oubli. Elle avait l'air de la mère de Jayr.

Je voudrais que tu me dises quel livre je pourrais t'envoyer par M. Michegaux. -J'avais penré aux Mémoires de madame Roland. Il faut que tu en inventes encore d'autres. Pour ma sœur, il y a la musique ; il y aurait aussi quelques vieilles légendes grecques, si elle persiste dans son goût classique.

Tu sais que l'on a parlé de Ylpsiboë, de M. d'Arlincourt ; il a voulu renoncer aux effets singuliers de ses premiers romans. On fait un grand éloge des Mémoires de Jacques Fauvel, par MM. Picard et Droz. C'est un roman dans le genre de Gilblas. J'ai lu les derniers volumes de Walter Scott, Péveril du Pic ; c'est certainement un de ses meilleurs romans. La scène se passe après la restauration de Charles II. Le roi et son ministre Bolingbroke y sont peints admirablement. C'est partout la même connaissance du cœur humain, le même génie pour varier les caractères. '

C'est décidément cette semaine que ce malheureux Juif fait son apparition, en même temps que le bœuf gras.

L'Album en a déjà parlé comme d'un ouvrage trèê-piquanl et comme d'une très-iitléressante pro-

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duction. Il a promis d'en rendre compte fir-> «juil aura paru. L'imprimeur finit demain. Le libraire «■-l la partie la moins idéale de mon rôle, uuelque juif que nous puissions le supposer, il faudra bien que je retrouve mes frais.

Tu sauras qu'un faiseur de brochures, chef de bureau cà la police et rédacteur de la QuoUdietme^ vient de faire imprimer i que la Saint-Barthélémy était un mesure salutaire. »

EDGAR QUINBT.

Paris, mercredi, 19 février 1823.

Voici, ma chère maman, Y Annuaire de mon père, et pour toi, une petite brochure toute nouvelle où j'ai pensé que tu pourrais trouver quelque récréation.

Grande nouvelle! Sais-tu que M. L..., le receveur général, vient de faire banqueroute de dix millions ? On parle beaucoup de cet événement et il y aura bien des gens ruinés. Comme il s'était fait une grande réputation de dévotion, la duchesse d'Angoulême a intercédé pour qu'il gardât sa place, et il la garde. On va mettre en vente jusqu'à l'hôtel où il logeait.

Tu vois que même les choses les plus imprévues me servent et m'empêchent de regretter le passé; je m'applaudis de ma nouvelle carrière et de mes nouvelles études que je suivrai avec persévérance.

Les fils de la maréchale Ney sont à la campagne. Madame de Lacretelle vient d'accoucher; j'y retournerai bientôt. Je suis si pressé, que je ne

sais ce que j'écris. Il faut donc en revenir à ce que je sais le mieux au monde : Je t'aime de toute la force de mon àme.

P. -S. — Tu ne seras pas étonnée envoyant que ton chapitre, la Catéchumène, manque à notre brochure. Tout le monde Ta trouvé très-brillamment écrit, digne, m'a-t-on dit, de se rencontrer au milieu des Œuvres de madame de Staël, mais nullement fait pour le vol terre terre du Laquedem. On a ajouté aussi qu'il sortait du titre et qu'on ne savait comment faire pour y trouver une seule récrimination. Ce contraste des deux styles était trop évident, trop au préjudice d'Isaac. Il a cédé aux insinuations et à la gloriole d'auteur qui lui prouvait si manifestement qu'il ne serait qu'en sous-ordre; il a prononcé l'ostracisme contre la Catéchumène ; mais dans son égoïsme il s'est promis de la garder précieusement devant ses yeux, comme un modèle de pensées élevées exprimées avec noblesse, de sentiments délicats et d'une narration vive, naturelle, originale.

Paris, 28 février 1823.

Tu as dû recevoir notre Bya. Il n'y a pas assez longtemps qu'il est exposé aux regards du souverain juge pour que je puisse rien savoir de bien positif sur sa destinée future. La plupart des journaux n'ont fait que l'annoncer, en promettant d'en parler incessamment. Voici encore une petite annonce du Pilote, grande feuille politique. Un succès plus évident, c'est celui qu'il a auprès de M. Dulaure, savant antiquaire qui a fait /' Histoire de Paris et qui publie maintenant des Esquisses sur la Révolution française.

Il m'a fait dire par son libraire, M. Guillaume, qu'ayant lu « l'intéressante production », il avait une proposition à me faire, entièrement dans mes goûts et dont il répondait que je me tirerais fort bien. Il a des recherches savantes, des notes trèsprécieuses en archéologie et m'a fait offrir de me les livrer, ainsi que tous ses manuscrits sur les monuments ; et cela, pour que j'en use à ma volonté dans la rédaction que ?wus publierions par livraisons,

d'un ouvrage intitule : Description historique el littéraire des monuments et des environs de Paris. Le plan serait ainsi que tout le reste confié à mon discernement. On m'a pn aucoup; on m'a fort bien fait sentir que le plus ennuyeux «lu travail, les compilations et tout ce qui regarde le métier, était fini ; que ce point de vue d'envisager l'histoire était le plus pittoresque de tout, que j'aurais au printemps el dans Tété des voyages très-agréables à l'airn'a pas manqué de dire que Walter Scott a commencé sa réputation par une Histoire des monuments de / Angleterre. Le nom de M. Dulaure, <pi<i l'on présenterai! la seulement comme un.- ei «•lait un gage D'ailleurs je partagerais aussi awc lui des intérêts beaucoup plus grossiers que la gloire de ce monde. On m'a pressé avec tant d'obligea irequeje n'ai pas ose refuser tout net. Je travaille facilement huit heures par jour, et quand j'en aurai consacré quatre à cette histoire, il semble que les quatre autres suffiraient à mon droit. Cependant quoique ce travail soit entièrement dans mes goûts et réponde parfaitement a la direction de mes études, c'est à cause de mon code que je me décide à refuser. Je ne veux pas donner matière à accusation contre moi aux rigides censeurs qui s'imaginent qu'il est impossible qu'une tète humaine s'occupe de deux choses dans le même jour. Je me console aussi de cette occasion manquée

en pensant qu'asservi à une spéculation de librairie,

je ferais vite et mal. J'attendrai ta réponse pour me décider définitivement.

Je crois en effet qu'il vaut mieux ne pas donner le Juif à madame Bruys, elle ne me pardonnerait jamais d'avoir décrié sa Sainle-Liyue.

Non, ma tëte n'est pas exaltée, je ne présenterai pas mon livre à ses ennemis jurés ; mais s'ils m'en parlent, bien terrible sera celui qui pourra m'en faire renier les principes et la politique.

Je suis dans une joie extrême d'en être quitte avec la correction des épreuves. J'ai pris le parti le plus naturel de le faire mettre en vente au Palais-Royal, en laissant une rétribution sur chaque volume aux libraires. J'en ai envoyé à deux libraires, une centaine à chacun ; quand ils seront épuises, on s'adressera à moi pour en avoir d'autres. J'amortirai ainsi petit à petit la dette de l'imprimeur. Mais tout cela repose sur l'apparence de santé et de bonne conformation de l'Israélite. S'il vient à décéder, adieu le pot au lait.

J'ai porté l'autre jour Isaac chez les lils de la maréchale Ne v. Je veux aussi le conduire chez Benjamin Constant, au moment où toutes les feuilles vendues au ministère s'accordent à parodier et injurier ce beau talent. Il faut avouer que rien n'est plus pesant qu'une plaisanterie officielle.

Je suis avec application le cours des sciences ;

année 1823 203

elui de M. Arago s'ouvrira bientôt. Tu vois par le acriiice spontané que j'ai fait d'une occasion sifaorable de me livrer à des études qu'on m'a reprohees, si je perds de vue le droit. J'ai gagne ma ause dans notre dernière conférence. Je vis avec 'plus d'économie possible et je m'applaudis tous 3S jours de n'avoir aucun goût dépensier.

Je vais demain à une première représentation 'une comédie de Bayard àl'Odeon. C'est un excelmt et très-aimable jeune homme. Nous tious ommes pris mutuellement de très-vive amitié.

-;'»i COKHESPONi'ANCE

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