Bouvard et Pécuchet
mais ce dernier ouvrage ma paru extrêmement amusant ; on ne va pas plus loin dans le grotesque involontaire.
Calme plat d'ailleurs, la France s'enfonce doucement comme un vaisseau pourri, et Tespoir du sauvetage, même aux plus solides, parait cldmêri(|ue. Il faut être ici, à Paris, pour avoir une idée de rabaissement universel, de la sottise, du gâtisme où nous pataugeons.
Le sentiment de celte agonie me pénètre et je suis triste à crever. Quand je ne me torture pas sur ma besogne, je gémis sur moi-même. Voilà le vrai. Dans mes loisirs, je ne fais pas autre cliose que de songer à ceux qui sont morts, et je vais vous dire un mot bien prétentieux. Personne ne me comprend; j'appartiens à un autre monde. Les gens de mon métier sont si peu de mon métier! Il n'y a guère qu'avec Victor Hugo que je peux causer de ce qui m'intéresse. Avant-hier il m'a cité par cœur du Boileau et du Tacite. Cela m'a fait l'effet d'un cadeau, tant la chose est rare. D'ailleurs, les jours où il n'y a pas de politiciens chez lui, c'est un homme adorable.