‹ Correspondance entre George Sand et Gustave FlaubertChapitre 37 sur 73 · CL VIII · texte numérisé non relu

CL VIII

A GEORGE SAND

Mars 1870.

Chère maître,

Je viens d'envoyer voire lettre (dont je vous remercie) à madame Cornu, en l'insérant dans une épître de votre troubadour où je me permets de dire vertement ma façon de penser.

Les deux papiers seront mis sous les yeux de la dame et lui apprendront un peu d'esthétique.

Hier soir j'ai vu r Autre, et j'ai pleuré à diverses reprises. Ça m'a fait du bien. Voilà! Comme c'est tendre et exaltant! Quelle jolie œuvre, et comme on aime l'auteur! Vous m'avez bien manqué. J'avais besoin de vous bécot'er comme un petit enfant. Mon cœur oppressé s'est détendu, merci. Je crois que ça va aller mieux! Il y avait beaucoup de monde. Berlou et son fils ont été rappelés deux fois.

GLIX

Nohant, 3 avril 1870.

Ton vieux troubadour a passé par de cruelles angoisses, Maurice a été sérieusemeut, dangereusement malade *. Heureusement, Favre, mon docteur à moi, le seul en qui j'aie foi, est accouru à temps. Après cela, Lolo a eu de violents accès de lièvre, autres terreurs! Enfin notre sauveur est parti ce matin nous laissant presque tranquilles et nos malades se sont promenés au jardin pour la première fois. — Mais ils veulent encore bien des soins et de la surveillance et je ne les quitterai pas avant quinze jours ou trois semaines. Si donc tu m'attends à Paris et que le soleil t'appelle ailleurs, n'y aie pas de regret. Je tâcherai de l'aller voir do Paris à Croisset entre un malin et un soir.

Au moins dis-moi comment lu vas, ce que tu fais. Si lu . es sur pied de toutes façons.

jïes malades et mes bien portants t'envoient leurs tendresses, et je t'embrasse comme je t'aime, ce n'est pas peu.

G. SAND

Mon ami Favre a beaucoup de goîit pour toi et désire le connaître, ce n'est pas un médecin qui cherche pratique, il ne pratique que pour ses amis et on l'offenserait en vou-

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