Dernières Chansons, par Louis Bouilhet
les plus bêtes, me suffisent, à moi, et je reviens plus lucide de mes accès d'imbécillité.
C'est une grande perte pour l'art que cette mort prémaliuée. Dans dix ans, il n'y aura plus un seul poète. Ta prél'ace est belle et bonne. Il y a des pages qui sont des modèles, et il est bien vrai que le bourgeois lira ça en n'y trouvant rien de remarquable. Ah! si on n'avait pas le petit sanctuaire, la pagodine intérieure, où, sans rien dire à personne, on se réfugie pour contempler et rêver le beau et le vrai, il faudrait dire : « A quoi bon? »
Je t'embrasse bien fort.
Ton vieux troubadour.
A GEORGE SAND
Chère bon maître,
Pouvez-vous, pour le Temps, écrire un article sur Dernières Chansons? Gela m'obligerait beaucoup. Voilà.
J'ai été malade toute la semaine dernière. J'avais la gorge dans un état affreux. Mais j'ai beaucoup dormi et je re-suis à flot. J'ai recommencé mes lectures pour Saint-Antoine.
Il me semble que Dernières Chansons peut prêter à un bel article, à une oraison funèbre de la poésie. Elle ne périra pas, mais l'éclipsé sera longue et nous entrons dans ses ténèbres.
Voyez si le cœur vous en di!, et répondez-moi par un petit mot.