‹ Correspondance entre George Sand et Gustave FlaubertChapitre 69 sur 73 · CCLXXXVIII · texte numérisé non relu

CCLXXXVIII

20 février.

Te voilà doue tout malade, cher vieux? Je n'en suis pas iiKjuiète puisqu'il ne s'agit que de nerfs et de rhumatismes, et que j'ai vécu soixante-dix ans avec toute celle l'rapouille sur le corps, et que je suis encore valide. Mais je suis triste de te savoir ennuyé, souffrant et l'esprit tourné au noir comaïc ou l'a nécessairement quand on est malade.

Je savais hien qu'un moment viendrait où on te prescrirait de marcher. Tout ton mal vient de l'absence d'exercice, un homme de ta force et de ta complexion aurait dû vivre dans la gymnastique.

Ne rechigne donc pas sur l'ordonnance très sage qui te condamne à une heure de promenade chaque jour.

Tu t'imagines que le travail de l'esprit n'est que dans le cerveau, lu te trompes joliment, il est aussi dans les jambes.

Dis-moi que quinze jours de ce régime t'ont guéri, ça va arriver, j'en suis sûre.

Je t'aime et je l'embrasse en compagnie de ma nichée. Ton vieux troubadour.

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