I.IKTIIK A SCUlLUft. I
HVelmar, le îfi nnwmbrc 111IG. I
Les Itninlioldt, arrivant d'Erlurt, seront ici mardi I prochain et ditteront cite?, moi je désirerais bien que I vous puissiez vous décider ù y venir aussi avec votre I chère femme. Vous passeriez la nuit n Wcimar, et mer-credi vous nmirn'cï repartir avec mes luVles.Quantàmoi,
ENTRE GffiTBE BT SCIIIUKB, ne prévoyant pas l'époque où je serai libre de m'ift-staller chez vous à loisir, j'irai vous faire au premier jour une visite de quelques heures. Il y a maintes et maintes choses, je le sens, pour lesquels j'ai absolument besoin de votre sympathique appui. G<ethb.
SCHUIEB A G<ETHE
Mrovlft S8 riovemfire tîOC.
Je ne crois pas qu'il me soit possible de profiter de vnlrc aimable invitation, car mes nerfs se ressentent rrtieilementde cette misérable saison, rendue plus triste encore par le mauvais temps qu'il fait. En échange, j'espère vous voir bientôt ici, et vous entendre parler iln vos nouvelles découvertes en histoire naturelle. Wallenstein n'avance que fort lentement. J'en suis toujours à la matière brute, qui n'est même pas encore au complet; mais je me sens au niveau de ma lâche, et j'ai jeté plus d'un coup d'oeil décisif sur la forme de l'œuvre. Je sais très-nettement ce que je veux et ce quojV dois; jesaisnimi ce que je possède. II s'agit maintenant de faire, avec ce que je possède en moi et •levant moi, ce que je veux et ce que je dois. Quant à (esprit dans lequel je travaille, j'espère que vous en tarer, content. Je réussis très-bien à tenir la matière en dehors de moi, pour ne «n'occuper que du sujet j'ajou-terai même que ce sujet ne m'intéresse presque pas. Jamais encore je n'ai pu réunir en moi tant dardertr pour le travail avec tant de froideur pour le sujet. Jusqu'à présent, je traite les caractères avec un pur amour d'artiste; pour le jeune Piccolonrini seul, je ne MO CÛBRESPOÎt&ANCE puis tne défendre d'une affection personnelle qui, Je | l'espère du moins, sera plus favorable que nuisible à l'ensemble.
Pour ce qui est'de l'action dramatique, c'est-à-dire de 1 la chose principale, le sujet si ingrat et si impoétique I par hit-même ne vent pas encore s'y assujettir conve. 1 mblemenl. Il v. a des lacunes dans la marche, et beau- 1 coup de frtils se montrent si rebelles qu'il est imposai- 1 We de les faire entrer dans les limites d'une oeuvre U'r- 1 giijwe. îe n'ai pas même encore pu vaincre le Proton- 1 Psettdos, qui amène la catastrophe et la rend si peu propre au dcnounicnt d'une tragédie. Le destin ne fait pas encore assez pour la perte du héros, tandis que le héron y travaille trop activement par les fautes qu'il il commet. Cependant, l'exemple de Macbeth me console un peu là aussi, c'est moins le destin que homme lui-même qui cause son malheur. Nous parlerons de vivo voix de cette difficulté et de beaucoup d'autres. G
Les observations de Hmnboldt sur la lettre deKœrncr I ne me paraissent pas sans importance, quoiqu'il soit tombé dans l'extrême contraire, à l'égard du caractère de Wilhelm Meister. Séduit parle titre et par la vieille 1 opinion qui veut que chaque roman ait un héros princi- f pat, Kœnier a vu ce héros en Wilhelm or, Wilheltn est l»> personnage le plus nècessoirfi, il est vrai, mais non te I plus important de l'ouvrage. C'est, en effet, une des I particularités de votre roman, de n'avoir pas besoin d'un héros dans l'acception ordinaire du mot. Tout se fait autour de lui, et de fuçon à le toucher sans cesse; i rien ne su fuit à cause de lui. Les objets dont il est
entre gietiib et ~sentr;r.RR. su
Schiixeii.
entouré représentant les énergies du monde et lui la flexibilité de la nature humaine; ses rapports avec les autres caractères de l'ouvrage devaient être tout diffé-rents de ceux qu'on trouve dans les romans ordinaires.
De son côté cependant, Humbotdt aussi s'est trompé sur le caractère de Wilhelm. S'il était en effet l'être insignifiant et passif qu'il croit voir en lui, comment a-t-il|)u regarder comme atteint le noble bat que s'est posé l'auteur de ce roman? Si par le personnage de H ilhelm, vous n'avez pas évoqué et mis en jeu l'huma-nité tout entière, votre roman n'est pas fini, et si ce personnage ne convient pas à un pareil, rôle, voua n'au-riez pas dû le choisir.- Je conviens que c'est une circonstance assez critique jiour votre roman, que d«; ne finir avec Wilhclm, ni par une individualité déterminée, ni par une idéalité soti-leiHie, mais par une position qui tient le milieu entre ces deux extrêmes. Le caractère est individuel, mais MiiU-ntcnt par ses limites, non par son contenu il est idéal, mais seulement en puissance, il nous refuse par conséquent la satisfaction que nous avions le droit d'exiger, c'est-à-dire la détermination-, il est vrai qu'il nous en promet une plus haute, et même la plus haute de toutes, mais on est obligé de lui en faire crédit pour un long avenir.
C'est, au reste, une chose assez comique qu'on puisse batailler ainsi en jugeant une pareille u'uvre. 313 CORftESPOKbAfiCE
GffiTHK A SCHttlfclV | WtHmaf, le 3*> novembre ilOfi. 1 J'ai passe hier une délicieuse journée avec Humbotdt, J et nous avons conservé jusqu'à midi l'espoir de vous B avoir avec nous. Je me consolerais de ce contre-temps, I si de voire celé vous avez utilisé cette journée à avancer 1 votre grand travail. 1 U vient je paraître un nouvel ouvrage de madame! de Staël, intitulé De V Influence des passions, etc. I C'est un livre fort intéressant écrit au milieu de la I contemplation permanente du grand monde dans lequel I ellc a vécu, il contient une foule d'observations aussi hardies que délicates et spirituelles. Garnit;.
fi(P.THE t SCIIIMEtl
Weimar, le !» dé»> rmbre \T96.
l'ne belle course en traîneau par un temps magni-fique m'a empêché de vous mite, mais je ne veux pastî laisser finir celte charmante journée sans vous adresser g quelques mots. H Vous recevrez, incessamment l'ouvrage de ma. H dame de Staël dont je vons ai parlé. Rien n'est pIusQ intéressant que de voir cette nature ardente et passion- 0 née passer par le feu purifiant d'une révolution, à H laquelle on la voit prendre une part active. On serait M tenté de dire qu'après cette épreuve, elle n'a plus conservé en elle que la partie purement spirituelle de l'humanité. Peut-être pourriez-vous faire des extraits de son ouvrage a6n de les insérer dans les Heure«t mai» = il faudrait se dépêcher, car je suis sûr qu'à la foire
BRTAB G.ŒTBE ET SCHILLER.
de Pâques il en paraîtra une traduction à Leipzig.
Le mauvais vouloir de nos adversaires a sans doute déjà fait parvenir à Iéna des exemplaires du libelle qu'ils viennent de publier contre nous; n'importe, je vous envoie l'exemplaire qu'on m'a adressé. Il est amusant de voir pourquoi cette espèce de gens s'est courroucée, ce qu'elle croit devoir faire à son tour pour courroucer les autres, de quelle manière plate et commune elle envisage tout ce qui est en dehors d'elle, avec quelle maladresse elle ne dirige ses Bêches que sur les appa-rences, et combien elle est incapable de comprendre dans quel fort inaccessible demeure l'homme qui prend au sérieux les choses et lui-même.
Beaucoup d'affaires m'enchaSnenl encore ici, et je ne voudrais pas aller vous voir sans m'arrêter pendant quelques jours au moins. C'est à peine si notre théâtre, grâce à quelques pièces bien choisies, commence à en-trer dans la bonne voie; ma présence est indispensable pour la réorganisation de la scène.
Au reste, tous mes travaux suivent leurs cours et j'ai bon espoir pour certains chapitres de mes études. Mille saluts affectueux aux Ilumboldt. Diles-moi le plus tôt possible comment vous vous portez, et si vous 6tes con-tent'de votre travail. GœiHE.
SCHILLEIt ACŒTHB
Mm, le 0 ttéccmbro 1*98.
Plusieurs nuitssanssommeiim'ont forcé de suspendre mon Waïïensleinqui commençait à marcher assez bien. D'est qu'un pareil travail irrite d'autant plus un tempéra-r.U ment sensible et maladif comme le mien, qu'il s'em-pare de tout ce qu'il y a de forces vitales dans l'homme. Avant-hier je comptais presque sur votre arrivée, je suis désolé de ce nouveau retard; iàchftz du moins, quand vous pourrai venir, que ce soit pour longtemps. J'avais déjà lu la sale production qu'on a publiée con-tre nous, dont l'auteur, à ee qu'on affirme, est M. Dyck, de Leipzig. Quoique les ressentiments de certaines gens né puissent se manifester d'une manière plus noble, ce n'est que dans notre Allemagne que le mauvais vouloir cl l« grossièreté peuvent se pérmettrede pareille» sorties contre des auteurs environnés de respect; partout ail-leurs, j'en suis convaincu, «n écrivain qui se conduirait de la sorte perdrait a jamais l'estime et la confiance du public. Puisque la honte ne peut rien sur des pé-cheurs comme ceux-là, on devrait pouvoir au moins les contenir par la peur; mais riiez nous la police [est en aussi mauvais état que le goût littéraire.
Ce qu'il y a de désagréable en cette affaire, c'est que tes gens modérés, loin de prendre nos Xénies sous leur protection, diront d'un air de triomphe, qu'ayant com-mencé l'attaque, le scandale retombe sur nous.
En tout cas, les diatiques de notre adversaire sont une brillante justification des nôtres, et il n'y a pas de remède pour ceux qui ne voient pas encore que nos Xénies sont une production vraiment poétique. H était impossible de séparer plus nettement qu'on ne l'a fait ici la grossièreté et l'insulte d'avec l'esprit et la gaieté. Le parti de ce M. Uvck «st maintenant très-embarrassé, car il voit à regret qu'on a Hè beaucoup plus loin que
Unt CKKÎIIÉ ET SCHILLER.
3tS nnns dans le seul tort qu'à la rigueur on aurait pu nous reprocher. Je suis curieux de voit si personne ne pren-dra la défense de nos Xénies car, pour nous, nous ne pouvons répondre décemment à de pareilles infa-mies.
J'attends avec impatience l'ouvrage de madame de Staël si nous en traduisions ce qu'il renferme de plus piquant et de plus spirituel, ce serait une agréable va-riété pour les Heures.
Je crois qu'Agnès âelilien1 fera fortune dans notre journal, tout le monde m'en parle avec le plus grand éloge mais, te croiriez-vous? nos grands critiques, tes frères Schlcgel, sont parfaitement convaincus que cet ouvrage est de vous. Madame Schlegel même soutient que vous n'avez jamais créé un caractère de femme aussi parfait, et que cette nouvelle production augmente l'onsidèrablement ta bonne opinion qu'elle a toujours eue dp vous. Beaucoup d'autres lecteurs sont même plus édifiés de ce roman que du quatrième volume de votre Wilhelm Neister. Jusqu'à présent, je n'ai pas encore |iu me décider à détruire tant d'heureuses illusions. Ne laissez troubler votre tranquillité ni par ce don inattendu dont on vous gratifie, ni par l'insolence dont on a osé se rendre coupable envers vous. Ce qui est,est ce qui doit être, sera.
Schiixeu.
1 Agnès de IMien est un roman asset gracieux, mais fuibtc, dont ïmilotir csl ta helle-avùr de Schiller, miulame de Wnlfeogen.
COURESPONIHNCE nie
Gœtng a scnat*R
Weimar, le 1 dfawbre «9G.
Je joins ici l'ouvrage de madame de Staël je suis sûr que vous en serez content. J'ai en comme vous l'idée d'en faire des extraits pour les Heures; on pourrait dé-tacher de l'ensemble les passages les plus remarqua-bles eten former une suite. Lisez donc te livre un crayon à la main et pressez Humholdt d'en faire autant; vos remarques rectifieront mon choix ou le confirmeront. Dèsquccet envoi mesera revenu,je me mettrai à l'œuvre. Vous recevrez, à la première requête, une nouvelle continuation de Cellini.
.te vous envoie également sous ce pli une élégie pour laquelle je souhaite votre approbation. En y annonçant mon nouveau poëme, j'en fais aussi le commence-ment d'un nouveau livre d'élégies; dans la seconde, j'exprimerai probablement le désir de passer une troi-sième fois les Alpes et je poursuivrai de la sorte, tantôt chantant mes élégies du fond de mon cabinet, tantôt les répandant sur ma route au milieu de ce voyage ima-ginaire. Je désirerais que vous pussiez commencer la nouvelle année des Heures par l'élégie que je vous adresse. Par là, tes gens verront qu'on se tient ferme de toute maniùre et qu'on est prêta tout événement. Je connais trop bien les Allemands pour avoir été surpris de la sortie de Djck nous devons nous attendre n bien d'autres encore. L'Allemand ne voit que la ma-tière, et lorsqu'il donne de la matière en échange d'un poftne, il croit s'être mis au niveau du poète, l'idée de
ENTRE GffiTtt B ET SCHïttER. 31 7 ta forme cher, titi ne va jamais au delà du rhythrne
A parler franchement, If» conduite de cette populaci est tout & fait selon mes désirs. D'après une politique malheureusement trop peu connue, et que devrait observer tout auteur qui a quelque prétention à une gloire durable, il est essentiel d'exciter ses contemporains S énoncer hautement tout ce qu'ils tiennent in petto con-tre vous car, tant que. l'auteur vit» il lui est facile de détruire t'effet de ses attaques par des productions nou-velles. J'ai connu plus d'un honnête homme de mérite qui, à force de condescendances, de flatteries, de con-cessions, d'accommodements et de rapMages, est par-venu à se faire pendant sa vie une réputation passable. Mais à quoi sert tout cela? Immédiatement après sa mort, l'avocat du diable vient s'asseoir près de son cer-cueil, et l'ange chargé de lui tenir tête fait ordinaire-ment triste mine.
J'espère que nos Xénies feront longtemps encore leur office et maintiendront l'esprit malin en activité contre nous. En attendant, continuons nos travaux po-sitifs et abandonnons-lui, à ce mauvais esprit, le sup-plice de la négation, Lorsque nos ennemis auront fini leur sabbat et se croiront parfaitement en sûreté, si notre poétique humeur a gardé sa verve, nous les boulever-serons de fond en comble.
Laissez-moi aussi longtemps que possible l'honneur de passer pour l'auteur d'Agnès. Si nous vivions à une t>|ioquc de ténèbres, la postérité aurait une belle biblio-thi'ijuc à placer sous mon nom. Quelqu'un me disait eu» jours derniers qu'il avait perdu un pari considéra-ble,pour avoir soutenu obstinément quo j'étai» l'auteur de Laurent Slarck1.
Pour moi aussi les journées s'écoulent sans que je puisse les utiliser complètement. Je vais changer les disposition» dé ma chambre à coucher» afin de pouvoir chaque matin dicter de mon lit pendant quelques heures avant le jour. Puissiez-vous aussi trouver le moyen de profiter de tout votre temps, ce bien si précieux pour les organisations d'élite î Mes compliments à tout ce qui vous entoure.
Goethe.
8CnHJ,BH A GffiTHE
Wna, Ie9dfcemhtol79«.
Merci de votre dernier envoi. L'élégie fait une profonde impression et il est impossible, pourvu qu'on ait un cœur, de ne pas être touché. Le calme imposant qui, dans cette composition, se môle a la couleur passionnée du moment lui donne un charme de plus. C'est ponr moi une expérience bien consolante de voir avec quelle rapidité et quel bonheur l'es-prit poétique s'élève au-dessus de toutes lès réalités vulgaires par un élan qu'il se donne à lui-même, et que les àmes communes sont forcées de lui voir prendre, sans oser espérer de pouvoir l'imiter.
Une remarque seulement; l'instant actuel vous pa-rait-il très-propice pour la puhlication de rc poème 1 Je crains que d'ici a deux ou trois mois, les lecteurs ne Un romiui publié dans les tt&tret t\ «font l'auteur est In prosaïque Knnel.
ENTRE «ŒTHE ET 8tilfllT.BR. 31»
soient hors d'état de nous rendre justice; les plaies sont encore saignante», on nous donne tort, et ce n'est pas dans cette disposition d'esprit qu'il faut qu'on vous lise. II est certain, au contraire, que, par leur violence et leur grossièreté, nos adversaires ne manqueront pas de se mettre dans leur tort et de soulever contre eux les honnêtes gens; c'est alors que votre élégie achèvera notre triomphe.
La Gazette de Hambouvg, que je joins ici, vous prou-vera qu'on n'a pas encore vidé son carquois contre noua. Viàée de cette reprise ne serait pas mauvaise si elle n'était pas si maladroitement exécutée. N'y aurait-il pas sous jeu un Reichardt, ou Baggesen peut-être? Tout ce que vous me dites dans votre dernière lettre sur les avantages que procurent les démêlés des auteurs avec leurs contemporains peut être vrai, il faut y joindre pourtant le repos et les encouragements qui nous vien-nent du dehors. Au reste, ce n'est là chez vous qu'une tendance et non un calcul. Votre individualité énergique et unique dans son genre aime les querelles littéraires comme un piquant exercice de l'esprit; mais, certes, il n'est personne qui puisse moins que vous être forcé {'avoir recours i de semblables moyens pour assurer ;a gloire dans la postérité.
Je viens de lire l'œuvre de madame de Staël, où j'ai touvé plusieurs idées excellentes je douta cependant |iu> nous puissions l'utiliser pour nos Heures, car je cens d'apprendre qu'une traduction allemande, faite- <ms Ire yeux de J'auteur est sur le point de paraître. Que les Mines vous entourant toujours de leurs dons les plus aimables, et qu'elles conservent longtemps à leur noble ami sa jeunesse intellectuelle ï Votre élégie me préoccupe sans cesse-, quiconque a la moindre affinité avec vous vous y retrouve tout entier.
le vous embrasse de tout mon cœur. Schiu.br.
GIKTHE A SCHILLER.
Welmar. le 10 âtxtmhn 1196.
Je suis enchanté d'apprendre que mon élégie a votre 1 approbation. Quant au moment propice de la mettre sous presse, vona en êtes te juge souverain. En atten-dant, je ferai lire le manuscrit à des amis bienveillants. Je Rais fort bien que ce n'est pas au moment où les di-visions viennent d'éclater qu'on peut convertir ses adversaires, mais il faut fortifier ses partisans. On m'a fait savoir qu'il paraîtra incessament quelque chose en faveur de l'Alnumach des Muses; sous quelle forme et dans quel esprit, je l'ignore. Je m'aperçois, au reste, que foire imprimer quelque chose pour ou contre cet Almanach devient une spéculation de libraire. Cela fera une jolie collection, et le noble Ilatnbourgeois, dont je vous renvoie te chef-d'œuvre, y jouera un beau râle.
On devait s'attendre à une prompte traduction de madame de Staël, chacun utilise ces choses-là â sa façon je crois pourtant qu'en publiant quelques extraits ib< cet ouvrage, on rendrait service au publie et à l'édi-teur.
J'espère que l'ouvrage de Diderot, que je vous ai
ERTRE eCETIÎE KT SCHItlBR.
envoya hier, vous fera plasir. Conservez-moi votre amitié si belle, si sérieuse, et comptez toujours sur la mienne. Goethe.
SemiETI A C(ETHE,
iéna, le 12 décembre 179& L'insomnie et le triste état de ma santé viennent encore de me faire perdre plusieurs journées de travail pour m'en dédommager, je me suis mis à lire Diderot ilont j'ai été enchanté. Chaque mot est un trait de lumière qui éclaire tes secrets de l'art et ses observa-tions découlent si intimement de tout ce qui! y a de plus élevé dans cet art, qu'elles touchent à tout ce qui lui est plus ou moins allié. Aussi cet ouvrage contient-il presque autant de conseils utitcs pour le poète que pour le peintre. Si vous ne pouvez me le prêter pour rniefque temps, veuilles me le dire afin que je me le procure.
Quand la guerre des Xénies sera terminée, j'engage-rai Colta à faire imprimer tout ce qui a été publié contre elles, afin qu'on puisse en prendre acte, quand on fera l'histoire du goût litténire en Allemagne.
Il y a tant de commandes pour la seconde édition de l'Almorrrrch des nfuees, que les frais sont déjà plus que couverts.
Portez-vous bien, tous vos amis vous saluent et vous embrassent cordialement. Schiller.
• le* Salon» «le 1105 et «le 1 707
fiŒTHK A SCHILLER.
Woimai-, te f4 décembre HOC.
Deux mots seulement pour aujourd'hui, car mes tra-vaux sur l'optique absorbent tout mon temps. Mon exposé devient toujours plus clairet le tout se simplifie d'une manière incroyable, chose fort naturelle, d'ail-leurs, car il ne s'agit que de phénomènes élémentaires. A bientôt une plus longue lettre, Gcethe.
sc.iiiu.eii A <;(F.rne.
foi», te f44«mmbrc I79S.
Depuis trois jours je travaille si ardemment à Wal-lemteiny que j'ai oublié les heures du courrier aujour-d'hui même, je ne m'en souviens qu'au dernier moment, et il me reste à peine assez de temps pour vous saluer dp cœur en notre nom à tous. Scuu.k».
r.tKTtn: k se.UfM.en.
Weimar, le « (Wccmhrc iitNt.
Il est bien naturel que Wallenstein vous préoccupe à ee point, et je commence à espérer que je pourrai voir ic premier acte après le jour de l'an; malheureusement je ne puis vous aller voir plus tôt, parce que je suis menacé d'un petit voyage dont je vous parlerai quand il sera définitivement arrêté.
Mes travaux sur l'optique avancent. L'intérêt qur Knebel y prend m'est très-avantageux, car il est bon de voir qu'on n'écrit pas pour soi seul. Cette occupation
ENTRE GtETHB ET SCHILLER.
est, au reste, un exercice de l'esprit qui calme les pas-sions et dédommage de la perte de ces mêmes passions, ainsi que madame de Staël nous le prouve dans son livre. Renvoyez-le-moi le plus tôt possible, tout le monde demande à le voir. Quant à Diderot, vous pour-rez le garder encore, c'est un. magnjfiquc ouvrage qui parle plus utilement encore au pofitc qu'au peintre, quoique pour ce dernier if soit un puissant flambeau. Adieu, mes compliments à tous, la partie en trai-iH'au a été des plus joyeuses. Jacobi est chez moi que de progrès il a faits! i bientôt plus de détails.
GffiTHE.
On vient de voir, par les lettres des trois derniers mois, l'impression qu'avait produitele^Ai^ues.Kœrner était ravi; Guillaume et Alexandre deflumboidt bat-faient des mains. Les esprits les plus graves, pourvu qu'ils fussent désintéressés, souriaient à ces jeux do la force et de la grâce. Quant aux Nicolaf, aux Rei-cliardt, aux Manso, quant aux pédants et aux en-cieux, les épigrammes les plus inoffensives en appa-rence les frappaient trop sûrement au front pour qu'ils ne jetassent pas des cris de fureur, au risque de se démasquer eux-mêmes. D'un bout de l'Alle-magne à l'autre, ce fut, dans la littérature courante, m» soulèvement formidable. Dans la dernière des AViiifs, les deux poètes s'étaient comparés à ce ter-rible Ulysse de l Odyssée au moment où, armé de m CORRESPONBllNCE l'arc gigantesque, if perce de ses flèches tous !es pré-fendants, et remplit la salle du festin d'un carnage effroyable; mais cette terrible image à peine évoquée, les poètes l'avaient effacée en riant « Prétendants, disaient-ils, tout cela n'était qu'un jeu. Voyez! tous encore, vous êtes en vie. Voici l'arc, et la lice est ou-verte. » Le défi était gracieux et fier, personne ne le releva. €et arc orné de la main des Muses, l'arc d'ar-gent de Diane et d'Apollon, nul n'osa y toucher. Aux épigramtnes légères on répliqua par de gros mots. Des poêtes avaient parlé, des goujats répondirent. Faut-il citer les titres de ces libelles si justement ou-blies') C'était VOchsiaâe, c'était YAlmanach des Mou-rherom, c'était encore les contre-Xenies adressées aux yargolim de Weimar et à'iéna. Les personnalités les plus outrageantes étaient dirigées contre des poètes qui n'avaient attaqué que les travers de l'esprit, les erreurs de l'intelligence, les prétentions de la vanité littéraire. Le ménage de Cœthe, les embarras de son foyer, sa vie en commun avec une femme qu'il ne pouvait présenter à ses omis de Weimar, tout cela était exploité, on devine comment, par des imagina-tions aussi plates que furieuses. Schiller lui-même, dont la vie était si pure, l'intérieur si chaste et si poétique, ne put échapper aux calomnies. Les Dio-scures n'avaient pas à se préoccuper de ces cris de rage; on ne leur avait pas répondu, puisque nul n'a-voit ramassé les ttèchea et tendu l'arc redoutable.
ENTnEGffiTH&ET SCHIM,Kli.
Plusieurs critiques allemands ont regretté cette campagne des deux poètes. Je ne saurais être de cet avis. Qu'il y ait eu des choses fâcheuses dans les Xénies, que plus d'une injustice ait été commise par ces censeurs trop bien armés, je l'accorde sans peine ,• mais pourquoi condamner un épisode où l'alliance de leur esprit, scellée par une si loyale fraternité d'armes, est devenue la plus virile des amitiés? H ne s'agit pas de savoir si tes Xénies sont une œuvre du-rable, si cette œuvre occupe une grande place parmi les autres productions des deux poêles, si on peut s'y intéresser aujourd'hui comme en 1790, saris le secours des commentaires et des notes; non, ce n'est pas des Xénies qu'il s'agit, c'est de (îu'tlie et de Schiller. Etudiées dans leurs rapports avec te déve-loppement des deux pof'tes, tes Xéniett, quelque re-proche qu'il faille leur adresser, ne sont pas un épi-sode indifférent. Go'the et Schiller étaient unis désor-mais par les joies et tes périls d'un combat fratemol-lemeulg.tpié;cn outre, l'esprit publie était vivement excité, II1» intelligences étaient préparées à des émo-tions plus hautes; ceux-là même qui avaient blâmé les Xénies comme une licence audit; devenaient plus sévères envers tes écrivains, et toute la littérature allemande devait profiler <ie ce réveil, (."est ce que farlhc exprime avec précision lorsqu'il écrit dans ses Annales « Les Xénies causèrent l'ébranlement le plus profond au sein des lettres allemandes. Mlles
OOHltfcSI'O.NDASr.E f.
̃336 furent condamnées par le public comme un abus de la liberté de la presse. Mais l'effet clu'ûlles ont pro-duit demeure incalculable. C'était surtout un en-gagement pour les intrépides Dioscnrcs; après avoir si vivement flagellé la médiocrité routinière, après avoir excité tant d'émotions et éveillé tant d'espé-rances, Goethe et Schiller ne pouvaient s'arrêter en route. On ne conquiert pas de ta sorte un terrain violemment disputé pour le laisser en friche, tes Xétties ne pouvaient cire justifiées que par une mois-son de cheFs-d'cruvro. Les deux poêles comprirent bien leur devoir: au moment où paraissaient tes À"«ws, lîœthe avait écrit déjà tes cinq premiers chants A' llennunn et Dorothée^ et Schiller préparait Wallcwtlem.
K NfUE GŒTHE ET SCHILLER
Ml
IIERMANN ET DOnOTlîEE
1",41 La principale préoccupation des deux poètes pen-dant l'année 1797, re sont tous les proldèmes d'es-iliétlqttc soulèves par la création iVHennann et Dora-thée. Gœthc achève ce poème, qu'il a si vivement commencé à Féna, l'année précédente, pendant un séjour auprès de s«n ami. L'épopée familière est ter-minée; les neuf chants, inscrits sons le nom des neuf Muscs, ont déroulé leurs trésors. Schiller est ravi d'enthousiasme; il admire, comme en extase, la suave idylle épique,
Si bellf" qu'on Padore et rjtfon en fait le tour,
Amoureux île IVusi'itiltlr t't tl>> «'tiaqiio contour.
;\Jnollreux de ¡'('I\I'mh! d., I:h:llillf' l'Olltour, Il la compare a Wilhelm Meixtor, et il sent tout à coup avec une vivacité singulière la supériorité de la poésie sur ta prose. Quand il s'occupait de Wilhelm Mmter, il ne se lassait pas d'étudier les personnages, d'analyser leurs sentiments, de discuter leur con-duite: ce vivant tableau de la réalité exerçait sur son intelligence une sorte de fascination, il y re-venait sans cesse, et sans cesse il recevait des
COKRBSPOSDAJiCi: J; impressions nouvelle» qu'il s'empressait de commu-niquer à Goethe. A propos d'Hermaun et Dorothée, ses confidences sont brèves; mais comme on sent bien qu'il a clé profondément frappé! Point d'ana-lyses, nulle discussion, pas la moindre critique des détails; détails et ensemble, tout l'a ému comme la perfection même. Sa sympathie est un cri de joie. Quand le poëmc parait au mois d'octobre a Le voilà donc, le voilà donc enfin tan») par le monde, et nous verrons l'effet que produira la voix d'un rapsode homérique dans cette société moderne si pleine de politique et de rhétorique. J'ai relu ce poème sans que la première impression produite sur moi se fût affaiblie, et j'en ai ressenti encore des émotions toutes nouvelles. Il est incontestablement pariait dans son genre, il respire une pathétique vi-gueur et eu même temps on y goûte un charme su-prême; il est beau par delà toute expression. »
L'émotion dont parle Schiller est si vive, si pro-fonde, qu'il en résulte une sorte de révolution dans son génie, mi du moins une crise tumultueuse et sa-lutaire sans laquelle ses plus belles œuvres peut-être n'eussent pas vu le jour. La lecture de Wilhelm Mi'isler l'avait arraché à ses éludes trop prolongées d'esthétique abstraite; le goût de l'invention, le joyeux désir de créer {Lu&t m fubulireu\ lui étaient revenus tout à coup, pendant qu'il vivait si naïve-ment avec Wilhelm au milieu des bohémiens et des
EXTtlK GQvTIIE ET SCHILLER.
comtesses; mais qu'il avait de peine à retrouver son poétique idéal! C'est alors qu'il concevait la première pensée de son Walknstein, sans réussir encore à dé-gager une oeuvre d'art du sein des matériaux innom-brables que lui livrait l'histoire. Ce Wallemtein, il voulait l'écrire en prose, et, incapable de dominer son sujet» il s'avançait péniblement, comme dans un labyrinthe, à travers une forêt de détails, de faits? de notes, de complications sans nombre. L'historien érudit, le disciple acharné de l'esthétique de Kant faisaient toujours ta guerre à l'ami de (iœlhe, an lec-teur de Wilhelm Mei&ter, et l'empêchaient de prendre son essor. Quel douloureux débat! que d'efforts! que de lenteurs! comme il était loin de cette aisance, de celle liberté poétique, dont il parle si éloquemment dans sa correspondance avec Kwrner! Cette liberté, c'est le puëirm de Goethe qui la lui rend. Schiller a lu ttemann et Dorothée, et aussitôt son inspiration se déploie sur les ailes de la poésie; il va s'élever au-dessus de son sujet, il verra ce qu'il faut mettre en lumière et ce qu'il faut laisser dans l'ombre, il verra se dessiner les groupes, les caractères, l'action du drame, il apercevra enfin cette œuvre d'art qu'il avait jusque-là cherchée inutilement.
Et comment s'accomplit ce travail intérieur' On le verra dans ces lettres les secrets d'une àme d'artiste y sont dévoilés avec une candeur admirable, lier-mmm et Dorothée le conduit à Homère, Homère à
COnUESPOND.XNCE T>Zii Sophocle, et Sophocle â Shakspearc; si bien qu'on peut lui appliquer les belles paroles de madame de Staël « Comme les dieux cie l'Olympe, il a franchi l'espace en trois pas1. » Comparant alors le drame cl l'épopée, Schiller hésile et s interroge. Déjà, quel-ques années auparavant, il s'était demandé si sa vé-ritable vocation était le tlièiUrc ou la poésie épique. Guillaume de Hmnholdt, qui était comme sa con-science littéraire, avait été expressément consulté sur ce point, et il avait répondu sans hésiter « Votre vocation, c'est le drame. » Schiller ne renonce pas ait drame, il no revient pas à ses projets de poèmes sur Frédéric le Grand ou Gustave-Adolphe; mais, à force de méditer avec Gœlhe sur Hermann et Doro-thée, à force de comparer Homère avec Sophocle et Shakspeare, il se forme «lu théâtre une idée plu, pure et plus poétique. Son Wallemtâu commencé en prose, il ra l'écrire en vers. Kl tt ne s'agit pas ici d'une simple question de forme c'est le fond même de son (iHivrc qui est renouvelé. Schiller s'élève à lu grande poésie. Le drame sentimental et romanesque de sa première période va faire place à la haute tra-gédie. à l'art de Sophocle et de Shakspeare; et de même que chez les Grecs le drame est né de l'épopée d'Homère, c'est aussi l'étude de l'inspiration épique, 1 O>1 à pi-n)»is dn tvipl» rî>le île Vnliahv. rit* Montrsfjuiw» el «le .1. J. Itoiivspsui, >|iio iiiailiiiiw* île StïW'l mM servie (le cette image. Voir lk la l.ittératurt' cousuUr/i'. daux ta rapport* mec Us imti-tulivm sociales. \nrlu\ cli:t|> \x.
ENTIIE ««THE ET S Gif! tl, Eli.
r>r,i provoquée chez Schiller par Hermumi et Dorothée, qui le ramène à la grande poésie théâtrale. Voilà le sens de cette lettre que Schiller adresse à Kœrner le 7 avril -1 707 « Le poème épique de Goethe, qui est né sous nos yeux, et qui, dans nos entretiens, nous a fait remuer tant d'idées sur l'épopée et te draine, le poëme uV, Goethe, nos conversations, et aussi la lec-ture de Shakspeare et de Sophocle qui m'occupe rlcpuis plusieurs semaines, tout cela aura de grands résultats pour mon Wallettstein. Ayant, à cette occa-sion, jeté un regard plus profond sur les conditions de l'art. je suis forcé de réformer mainles choses dans t»a première conception de la pièce. Un peu plus loin il appelle ce travail de son esprit une grande crise {dièse grosse Krisis).
Ainsi le Wallenstein de Schiller, on peut le dire, est né à la fois de Wilhelm Meistrr et A'Hcrmmm et Dorothée. Après avoir lu le IVUhelm Mekter, Schiller. ;ib,indonn;int les théories abstraites, revient à l'in-ention et commence son Waltemleiu en prose après Iknmmn et Dorothée, il t'écrit en vers, le remanie de loiul en comble, et inaugure par cette grande com-position ce que les critiques allemands appellent la période classique de son génie. Mais il tant suivre tout cela dans les lettres des deux poêles.
CORUESPONftANCË
OtETUR SCHILLER.
l.cijuig, ta I" janvier 1"!> Jo ne veux pas partir d'ici sans vous donner signe de vie, et vous raconter brièvement l'histoire de mon voyage. Le 28, après avoir passé le mont Elter et triom-phe dos tourbillons de vent et de neige, nous sommes arrivés à Hultelstmit; an delà de cette petite ville, nous avons trouvé la roule passablement frayée jusqu'à Rip-pach, «tt nous avons cottehé. l.c 29, dès orne heures du matin, nous étions à Leipzig, et depuis ce moment nnus n'avons cessé do voir fondre sur nous une invasion de visiteurs. Chaque jour on nous invitait à dîner et à souper, et c'est à grand' peine que j'ai pu échapper à la moitié de ces bienfaits. J'ai trouvé dans cette cohue quelques personnes très-iiiléressantcs. J'ai aussi revu d anciens amis, de vieilles connaissances, et quelques merveilleux chefs-dVnvre qui m'ont rafraîchi la vue. Aujourd'hui il Tant Mirmonter un rude jour de l'an. Ce matin, visita officielles; à midi, grand dîner; con-cert le soir, puis le long souper inévitable en pareille occasion. On revient chez soi à une heure du matin, et après un court sommeil il faut se mettre en route pour Dessau voyage, qui n'est pas sans difficultés par ce violent dégel qui vient de se déclarer subitement. Espé-rons que tout cela se passera bien.
Tout en me faisant une fêle de me retrouver bientôt près de vous, dans lu solitude de léna, je m'applaudis d'avoir été lancé de nouveau au milieu d'une grande masse d'hommes avec lesquels je n'ai aucun rapport.
ENTRE GffiTHE ET SCHIMER.
"Il
rsr.5 J'ai eu occasion de faire plus d'une bonne remarque sur l'effet delà polémique qu'on a engagée contre nous, et le manifeste 'en réponse aux attaques de nos adver-saires n'en sera pas plus mauvais.
Adieu. H parait que notre voyage ne durera pas très-longtemps, puisque nous partons déjà demain pour Deasau. An reste, les jours sont si courts et le temps si mauvais, qu'il etit été difficile d'utiliser un plus long séjour; le hasard cependant nous offre parfois ce qu'on aurait vainement cherché.
Adieu encore, je vous souhaite santé, joie et courage.
GœuiK.