I.E COMTE DE M M ARCK AU COMTE DE MIRABEAU
17 juillet 1790. — Ce dépôt, mon cher comte, aura tous mes soins. Quand j'aurai sûrement placé ces deux paquets, je vous remettrai un écrit , pour que vous puissiez les retirer d'où ils seront, en cas que je vinsse à mourir. Si j'existe, lorsque la chose publique, universelle, vous perdra, ma profonde amitié pour vous, le culte (pie je rends à votre supériorité, assureront à votre mémoire tout ce dont je suis capable. Ce serait peu de ebose ; mais le zèle le plus exclusif saura, à défaut de toute autre qualité, trouver ceux qui seront dignes de parler de vous. — Je vais renvoyer cbez l'archevêque pour celte lettre. — Vous me trouverez chez moi toute la matinée.
EE COMTE DE MIKXItEAC AU COMTE DE LA MARCK.
iS juillet 1790. — Je suis très-touebé de votre billet, mon cher comte, cl je vous assure que mon courage est très-ravivé de l'idée qu'un homme tel (pic vous ne souffrira pas que je sois entièrement méconnu. Ou je serai moissonné bientôt ou je laisserai dans vos mains de nobles éléments d'apologie. Certes, je compte dans leur nombre la sorte de divination qui vous a appelé à être mon ami, lorsque tant d'hommes vulgaires s'occupaient à faire écho contre moi, ou essayaient de me garrotter sur leur mesure, — Mais passons aux affaires.
Je ne fais que rentrer. J'ai cinquante Provençaux à dîner. Il est trop tard pour aller vous chercher. Faites passer cette note, si vous l'approuvez. Je prépare un Mémoire raisonné sur le ministère, et il faut beaucoup dire, surtout à Montmorin, que plus La Fayette est décidé à m'en empêcher, cl plus la démonstration de la nécessité de le déjouer est complète... Mais arrangeons, du moins, les affaires privées que leur pusillanimité compromet si cruellement. Vale et me ama.
1 M. d'Ogny, direcleur-général des postes.
2 11 s'agit de la note sur le voyage de la cour à Fontainebleau, pour laquelle les détails militaires avaient été fournis par le comte de La Marck.