LE COMTE DE HIHUII II VI COMTE DE LA MAKI K
Jeudi 22 octobre 1780. — Comment voulez-vous que je voie le garde des sceaux? Je mène une vie de cheval. La Fayette me prend la moitié de mes nuits. Il faut que je travaille (par parenthèse j'aurai demain une belle journée). Ma correspondance est immense, et tout le monde me viole. Cependant remettez-moi avec le garde des sceaux, dans la mesure où je suis et veux être avec lui : la coiniclion de majidélité.
La chose publique est entièrement perdue, s'ils ne se décident pas. J'en ai enfin la démonstration, et je défie qu'on y réponde.
Si mille louis vous paraissent indiscrets, ne les demandez pas. Mais telle serait mon urgente nécessité. 11 ne me convient ni d'être avide, ni d'être dupe. Je garde trois hommes du premier ordre, dont deux, si je ne les gardais pas, seraient déjà retournés en Angleterre. Or, certainement je me dérange en pure perte, si c'est pour rien que je les garde; et d'autant que je ne suis pas, et que je ne puis pas être en jouissance de ma fortune personnelle. Si je dois être placé, ce sont des hommes d'or que ces gens-là; et l'on ne saurait trop se dire qu'un gouvernement n'ira jamais que par les sous-ordres.
Vous devez comprendre que les Pays-Bas, etc., entrent dans la combinaison de notre homme ; ainsi je suis et je serai à vos ordres.
Je vous attendrai demain pour aller à l'assemblée, cependant venez de bonne heure un peu. Pour ce soir, vous me serez de bon augure, si vous me rencontrez encore. Je suis après-demain des vôtres, et à jamais vôtre. — Vale et me ama.
On retrouve dans ces deux billets les traces de la négociation qui continuait entre MM. de La Fayette et de Mirabeau par l'entremise du comte de La Marck.