‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 106 sur 230 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

J'ai passé la journée de mercredi (2) à Rossla, et j'ai trouvé votre lettre hier, en rentrant. Je voudrais qu'au cours de votre travail vous eussiez constamment présente à l'esprit, et bien vivante,

mier numéro avait paru le 9 septembre. Posselt n'en avait pas la direction, mais conservait une part principale à la rédaction.

(1) De YAlmanach.

(2) 19 septembre. Il était parti pour Oberrossla la veille ; il rentra à Weimar le 20.

l'heureuse impression que nous en avons gardée. Il n'est pas possible qu'une œuvre telle que votre Wallenstein, qu'un pareil monument de puissance créatrice unique, n'imprime pas, par contagion, un sursaut d'activité à quiconque en est capable à un si faible degré que ce soit. Appliquez toutes les énergies ramassées de votre volonté à porter, avant toute autre chose, votre œuvre sur notre théâtre ; lorsque vous l'y verrez en chair et en os, elle vous apparaîtra certainement plus souple et plus malléable qu'elle ne se dégage aujourd'hui d'un manuscrit sur lequel vous n'avez que depuis trop longtemps les yeux obstinément fixés. Au point où vous en êtes, j'ai la conviction qu'une pareille mise à l'épreuve ne peut que vous rendre service.

J'approuve pleinement les remaniements que vous comptez faire subir au Prologue (1). Je l'attends avec impatience, après quoi nous examinerons ensemble la ligne tactique qu'il conviendra de suivre.

Je m'en tiens là pour aujourd'hui. Ci-joint vos clefs. Je ne vois pas d'inconvénient à ce que la poésie paraisse sous le titre générique de Stances.

Adieu. Nous vous envoyons, à vous et à votre chère femme, nos meilleures amitiés. — Weimar, le 21 septembre 1798. — G.

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