Gœthe a Schiller
Le Prologue est aussi heureusement exécuté qu'il était heureusement conçu ; il me fait un très grand plaisir et je vous en remercie mille fois. Je me suis borné jusqu'à présent à le lire un certain nombre de fois pour bien me pénétrer (1) de l'ensemble, et je ne suis pas encore en mesure d'indiquer au juste
(1) En français (a penetrieren ») dans le texte.
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e qu'il pourrait être préférable d'écarter, ni s'il 'y aurait pas lieu, en vue de l'effet à produire sur i scène, de donner çà et là un petit coup de pineau de plus, pour rehausser.
Vous recevrez mon exemplaire demain soir par i messagère ; si vous pouvez retarder l'impresion (1) jusque-là, ce sera tant mieux, pour que nous yons un texte identique. Il partira aussitôt, dès mdi (2), pour Stuttgart.
Mon unique regret est qu'il ne me soit pas possible e le réciter moi-même ; pourtant, si Yohs s'y îontre aussi bon que tous les autres dans la pièce, ous pourrons nous tenir pour satisfaits. Leissring. Veyrauch et Haide (3) disent les vers rimes comme ils n'avaient fait que cela de leur vie, et Haide, n particulier, a déclamé, vers la fin, quelques coulets comme je ne l'avais encore pas vu faire sur n théâtre allemand.
Après ces bonnes nouvelles, il faut que je vous Dnfesse, à mon grand regret, qu'il m'a été imposble de contribuer, fût-ce d'un seul vers, à notre iche commune, et c'est pourquoi je vous envoie n volume du Père Abraham (4), qui ne manquera as de vous mettre instantanément dans l'état 'esprit qu'il faut pour le sermon de votre capucin, ous trouverez par exemple à la page 77 du volume n « croassement de corbeau » (5) qui pourrait,
(1) Dans YAlmanach.
(2) 8 octobre, pour la Gazette universelle.
(3) Ils tenaient respectivement les rôles du premier tasseur, du maréchal des logis et du premier cuirassier.
(4) Abraham a Sancta Clara, prédicateur populaire et îrlesque de la seconde moitié du dix-septième siècle. Le rmon qui remplit la huitième scène du Camp de Wallenlin eet en effet un pastiche d'une de ses harangues, intilée : Debout, debout, chrétiens! Le volume que Goethe ivoyait était un recueil imprimé à Lucerne en 1687.
(5) Le couplet auquel il est fait allusion reprend, en verïulets assez comiques, le rapprochement, traditionnel puis des siècles dans la littérature populaire de l'Aile-
comme formule finale, dans la bouche de Genast, être de l'effet le plus divertissant. D'ailleurs c'est de toutes façons une mine inépuisable, où il n'est pas possible de ne pas puiser l'inspiration.
Je n'arrive pas davantage à me tirer du chant du début (1) ; mais j'ai, pour l'y substituer, quelque chose qui ferait l'affaire. Toutes ces additions peuvent être faites pour les représentations qui suivront les premières, et, d'ailleurs, la pièce, telle qu'elle est conçue, comporte fort bien un apport perpétuel de nouveautés et d'éléments changeants, en sorte que le spectateur ne sache jamais au juste ce qu'il doit attendre des représentations successives. Adieu, portez-vous bien entre temps ; vous ne tarderez plus guère à connaître le jour où je désirerai vous voir arriver ; pour le moment, tout est encore très sens dessus dessous. Amitiés à votre chère femme. — Weimar, le 5 octobre 1798. — G.