Gœthe a Schiller
Ci- joint un nouvel envoi de gravures tirées ; les couvertures qu'il reste à vous fournir seront soigneusement coloriées ; c'est un peu plus cher, mais, en revanche, l'effet en est des plus heureux.
Tout porte à croire que le théâtre n'ouvrira ses portes que vendredi (1). Tâchez donc d'arriver jeudi matin d'assez bonne heure, pour que nous puissions encore causer de toutes les questions qui pourront se poser, et, le soir venu, assister à la répétition générale.
Les personnages principaux s'en tirent admirablement, et savent dès à présent leurs rôles sur le bout du doigt ; les autres clochent encore quelque peu, mais vous verrez que tout cela se résoudra en un effet général d'harmonie parfaite. J'ajoute que de tous les coins et de toutes les extrémités de
(1) 12 octobre. C'est en effet ce vendredi 12 qu'eut lieu la première représentation.
la salle on perçoit avec une netteté entière le moindre mot, même dit à voix aussi basse que l'on veut, pourvu que l'articulation soit bonne.
Pour ma part, je ne laisse passer aucune occasion de réciter à tout venant ma leçon, dans les termes mêmes où le nouveau journal (1) l'imprimera d'ici quelques jours, et vous verrez qu'on ne tardera guère à me renvoyer mes propres paroles.
Adieu. Je suis d'excellente humeur, parce qu'à présent tout va vraiment très bien.
Envoyez-moi donc quelques tirages du Prologue par les messagères ; quant au sermon du capucin, le plus tôt sera le mieux. — Weimar, le 7 octobre 1798. — G.