‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 132 sur 230 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Votre lettre, mon cher ami, ne m'a malheureusement été remise qu'hier soir, à mon retour de Rossla (2). Meyer va faire tout le possible pour vous procurer les tirages au plus tôt.

Je vous félicite d'être rentré en ville. A avoir des

(1) La troisième représentation de la pièce fut en effet donnée le lendemain 3 novembre.

(2) Il avait séjourné du 2 au 6 novembre dans sa propriété d'Ûberrossla.

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voisins, on trouve malgré tout, surtout en hiver, l'avantage appréciable de relations plus animées et plus faciles.

Il me semble que vous avez trouvé à la réponse de Schrôder plus de bizarrerie que je n'en ai aperçu moi-même. Avec le scepticisme radical que m'inspirent les hommes, des procédés de ce genre me paraissent tout naturels.

Je vous tiendrais volontiers le même langage quant à l'accueil qu'on fait à V Almanach : quiconque ne se résout pas à faire comme l'absurde semeur de l'évangile, et à jeter ses semences tout autour de soi sans se demander ce qui lèvera, ni où, fait bien mieux de s'abstenir d'avoir aucun rapport avec le public.

Je souhaite à votre Wallenstein un heureux progrès. En ce qui me concerne, je vous arriverai cette fois avec le ferme propos de me débarrasser de mes couleurs, à tout prix. J'ai, au cours de ces dernières journées, tout passé en revue une fois de plus, et j'ai l'impression, de plus en plus, que je puis fort bien faire de mes vues un exposé qui se tienne.

Adieu ; faites mes amitiés à votre chère femme ; je ne tarderai plus guère maintenant à vous arriver. — Weimar, le 7 novembre 1798. — G.

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