‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 147 sur 230 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, le 14 décembre 1798.

Vous ne recevrez aujourd'hui de moi qu'un simple mot d'amitié, car le rhume de cerveau m'étreint le crâne au point que je viens de quitter ma besogne dans un état d'ahurissement total. Si seulement, et vous et moi, nous avions derrière nous les trois rudes semaines qui vont encore venir !

Je vous remercie de m'avoir envoyé le poète de Nuremberg (3) ; jusqu'à présent il ne m'a pas encore

(1) ïl s'agit du poète de Nuremberg dont il a été question plus haut aux lettres 413 et 414.

(2) La Gazette universelle; l'article parut dans le numéro du 23 décembre.

(3) Griïbel ; voir la lettre précédente.

été possible d'en lire grand'chose. Il est excellent que vous lui consacriez quelques mots pour le recommander, car c'est précisément l'un de ces cas où personne ne voudrait se risquer à compromettre sa réputation d'homme de goût et à distribuer des éloges, faute d'une formule à la mode où trouver un soutien.

Puisque votre venue doit se régler sur les Piccolomini, il est donc probable que c'est moi qui irai le premier vous voir à Weimar, car, tout au moins en ce qui concerne la rédaction que je destine à la scène, je tiens extrêmement à ne pas traîner après moi la pièce inachevée lorsque nous entrerons dans la nouvelle année ; et d'ailleurs le temps que j'ai devant moi suffira, je l'espère, à en finir avec l'indispensable. Sitôt que j'aurai achevé de mettre en ordre une partie des scènes nouvelles et que je les aurai fait copier, je vous les expédierai.

Adieu donc, pour aujourd'hui. Mille amitiés de ma femme. — Sch.

Page 1