Gœthe a Schiller
Pour ma part, mon travail continue malgré tout à marcher tant bien que mal, parce que j'ai la ressource de changer de sujet à mon gré, et de choisir librement ce qui convient à telle heure donnée et à la disposition d'esprit du moment. Ce sera pour moi un véritable cadeau de Noël que de recevoir de votre main les Piccolomini.
Ci- joint ce que j'ai pu tirer de ma plume sur le compte de Grûbel. J'ai intentionnellement visé à porter sur les nerfs d'une certaine catégorie de gens. Le sujet lui-même sera repris dans les Propylées, et devra être rajeuni sans cesse, sous les formes les plus diverses : il m'en est déjà venu un certain nombre à l'esprit qui sont d'une rare extravagance.
Je vous communique aussi le devis qu'a établi
Gâdicke pour l'impression des Propylées (1). Vous qui avez l'habitude de ce genre de comptes, vous n'aurez pas de peine à évaluer à combien reviendrait, sur ces bases, un numéro tout fini.
Tout ce qu'il m'a été possible de faire, hors mes occupations coutumières, c'a été de préparer le troisième numéro, que je m'efforce d'activer dans la mesure du possible, afin de disposer de mon entière liberté pour le début de la nouvelle année. Si bien que les mauvais jours qui dépriment trouvent finalement malgré tout le moyen d'être utilisés. Adieu ; tâchez, de votre côté, de tirer le meilleur parti possible du restant de l'année. Amitiés à votre chère femme. — Weimar, le 15 décembre 1798. — G.