‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 198 sur 230 · Schiller a Gœthk · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthk

Iéna, le 20 juin 1799.

Le Français que Mellish m'avait amené l'autre jour (3) et qui est revenu me voir aujourd'hui m'a pris le temps et la disposition d'esprit nécessaires

(1) Cette étude esthétique sur les différents types d'artistes, conçue sous la forme d'une nouvelle à demi-sentimentale, à demi-humoristique par lettres, et où figuraient des personnages où l'on pouvait reconnaître Schiller, Hirt et d'autres encore, venait de paraître, et formait le second fascicule du second volume des Propylées.

(2) C'est l'un des personnages du Collectionneur.

(3) Le Valaisan de la lettre 605.

pour vous écrire au sujet du nouveau fascicule des Propylées aussi longuement que je me proposais de le faire.

Dans sa forme définitive, il m'a paru infiniment plus riche encore et plus vivant que je ne l'avais jugé à aucun moment lorsque je l'ai la par fragments, et ce produit, jeté gaiement et sans nulle recherche, d'une longue expérience et de longues réflexions ne manquera pas de produire une impression peu commune sur quiconque sera capable, si peu que ce soit, de la recevoir. La richesse en est illimitée, précisément parce qu'un si grand nombre de points de première importance y sont touchés d'une main délicate, et seulement en passant.

L'exécution des caractères et des types d'amateurs a pris beaucoup de relief grâce au fait que, parmi les silhouettes de tous les visiteurs, il ne s'en trouve aucun qui soit vraiment apte de sa nature à la fonction technique dont les conditions sont définies ensuite. Outre que le petit roman y gagne, du point de vue poétique, en richesse et en vérité, c'est de plus, philosophiquement parlant, l'achèvement du cycle complet qui passe par la triple catégorie du faux, de l'imparfait et de l'achevé.

Les développements de la fin, que je ne connaissais pas encore, sont très bien venus et soutiennent jusqu'au bout le ton de gaieté spirituelle.

Je ne doute pas le moins du monde que ce numéro des Propylées ne soit appelé à faire un beau tapage, et à nous ramener au temps des xénies.

Ma femme, qui vous fait ses cordiales amitiés, a pris beaucoup de plaisir à tout ce qu'il y a làdedans de joyeuse humeur et de vie, et a surtout aimé la visite des étrangers. Adieu ; je m'en tiens là pour aujourd'hui, jouissez du beau temps, qui me met, moi aussi, en heureuse veine de produc tion. — Sch.

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