‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 201 sur 230 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Je n'ai pas reçu de lettre de vous aujourd'hui, si bien que j'ai eu beaucoup de peine à me convaincre que nous sommes bien aujourd'hui un mer-

(1) Sehiller songe sans doute aux polémiques de jeunesse de Herder.

credi. Je souhaite vivement qu'il ne faille pas expliquer votre silence par quelque cause fâcheuse. Pour ce qui est de moi, faute de pouvoir me mouvoir vraiment, je fais du moins mine de bouger.

Je suis occupé à faire réunir et copier mes petits poèmes, qui feront un cahier assez piquant (1).

A ce propos, j'ai relu votre Plongeur (2): il m'a plu au plus haut point, et, si je ne me trompe, mieux encore que jamais.

Aujourd'hui, par cette belle journée ensoleillée, les phénomènes de ce qu'on appelle l'inflexion se sont retrouvés à l'ordre du jour.

D est fort joli de proclamer qu'il faut observer avec exactitude ; pour ma part, je ne puis en vouloir à l'homme qui s'empresse d'arborer une hypothèse pour se débarrasser des faits. Dans le cas présent, je suis résolu à faire flèche de tout bois et à tout mettre en œuvre ; mais aussi, rien n'est de trop. En revanche, je vois très clairement que c'est ici peut-être le dernier nœud qui m'entrave encore, et qu'une fois ce nœud défait, j'aurai vraisemblablement les coudées définitivement franches dans tout mon domaine.

Adieu ; portez-vous bien et travaillez bien. — Weimar, le 26 juin 1799. — G.

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