Gœthe a Schiller
Je ne puis pas vous dire encore aujourd'hui quand je viendrai ; pourtant, je commence à me sentir libéré, et je compte bien ne plus tarder longtemps.
Je n'ai pas voulu, l'autre jour, gâter les courts moments que nous avons passés ensemble en vous parlant de l'affaire (2) qui vous a fait comme à moimême un effet désagréable; mais ce qui arrive est si naturel qu'il n'y a pas à en être surpris le moins du monde. Car il faudrait pouvoir juger l'ensemble, qu'on ignore, d'après la multiplicité des parties
(1) Voir ci-dessus la lettre 601.
(2) L'affaire des Propylées dont il est question dans la lettre précédente.
composantes, que l'on connaît. Lorsque nous nous retrouverons réunis, il faudra voir d'un peu plus près ce qu'il nous reste à faire.
Je ferai le nécessaire pour les livres et pour la liste. Voudriez-vous bien envoyer le plus tôt possible à Kirms le Camp de Wallenstein et les Piccolomini; quant à la Mort de Wallenstein, le prince (1) me l'a rendue. Nous aimerions à donner quelques représentations des pièces à Laucbstâdt. Le souffleur s'est formellement engagé, en donnant pour caution tout son avoir, à répondre des pièces (2).
Par une saison aussi ardente, votre villa est évidemment par trop exposée aux rayons du soleil et aux souffles brûlants ; je souhaite que nous ayons bientôt de la pluie et le bienfait d'une température rafraîchie. Mais je ne souhaite rien autant que de me retrouver bientôt à proximité de vous. Adieu ; mes amitiés à votre chère femme. — Weimar, le 6 juillet 1799. — G.