‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 227 sur 230 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

La première feuille de Y Almanach est sous presse, et l'impression a très bonne façon. J'ai en main le troisième chant, et vais encore y faire tout mon possible. Je conviens qu'en ce mo nient, où je suis occupé moi-même à une re vision sévère de mon propre ouvrage, les ouvrages féminins de notre chère petite amie m'apparaissent comme plus lâchés encore et plus flous que jamais, et il faudra voir comment on s'en tirera. On va faire le compte exact de ce que donnera le poème entier, et tout porte à croire qu'il nous faudra de toutes façons y ajouter quelque chose de notre cru. Donnez votre Cloche de bon cœur ; quant à moi, je ferai aussi tout ce que je pourrai pour y apporter ma part, bien qu'au moment présent je ne vois guère ni quoi ni comment.

Comme les circonstances imminentes rendent très incertain votre séjour à YVeimar pour cet hiver, et qu'à tout le moins il ne saurait en être question pour le début, le mieux est sûrement de ne pas soulever la question provisoirement ; car, si la chance voulait que vous pussiez venir vous installer ici dès octobre, il ne manquerait pas de se trouver, de tous les côtés, des moyens (1) de faciliter votre venue ici.

J'emploie aussi utilement que possible, de plus d'une manière, le temps de ma villégiature, et j'ai

(1) « Moyens » en français dans le texte.

la satisfaction de constater, à divers égards, des progrès dont je serai très heureux de vous faire part prochainement.

Ne vous relâchez pas de votre concentration sur le travail auquel vous êtes attelé. Au fond, il n'y a rien au monde qui ait plus de prix que l'organisation d'un ensemble important.

11 me faut aller au château, et j'ignore si je pourrai rentrer en temps utile ; je clos donc ma lettre pour cette fois, en vous souhaitant à tous deux de vous bien porter. — Weimar, le 14 août 1799. — G.

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