‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805 (volume 2)Chapitre 44 sur 230 · Goethe a Schiller · texte numérisé non relu

Goethe a Schiller

Vous me ferez un bien grand plaisir, si vous pouvez pousser jusqu'ici dès cette semaine ; seulement, je désirerais savoir au juste le jour de votre venue, pour m'arranger quelque peu en conséquence. J'en ai fini, à peu de choses près, avec toutes mes affaires, et tout est réglé, ou peu s'en faut, en ce qui concerne ma petite acquisition, si bien que ma présence là-bas n'est plus nécessaire. A y regarder de plus près, il se trouve que j'ai fait en somme une assez bonne affaire, bien que le prix parût élevé relativement au revenu qu'on en a tiré jusqu'à ce jour, ce qui pourrait expliquer que Gruner se soit finalement effacé.

A présent, j'éprouve un besoin plus vif que je ne saurais le dire de retrouver enfin une bonne fois la pleine intimité de ma vie personnelle, et je compte bien y parvenir bientôt.

Pour que vous puissiez vous rendre compte des rapports étroits qui existent entre notre cher

Weimar et Paris, je vous fais parvenir quelques pages venues de France (1). Ce genre de verbiage banal répugne à tout mon être. Mais la langue française a été spécialement créée et mise au monde pour exprimer ce qu'il y a de plus superficiel dans la superficialité. Il faut constater d'ailleurs que les littérateurs de ce pays sont aussi apprivoisés que sa politique est brutale.

Les Suisses ne s'en tireront pas. Je m'attends de jour en jour à voir les Français entrer à Bâle, car à présent ils n'ont plus rien à redouter de personne ni rien à ménager.

Adieu, portez-vous bien et faites mes amitiés à votre chère femme. — Weimar, le 14 mars 1798. — — G.

C'est à peine si je me souviens encore de Sturm von Boxberg (2) ; tout ce que je sais, c'est que j'ai trouvé intolérable l'érudition d'archiviste qui s'y étale.

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