Schiller a Gœthe
Iéna, le 16 mars 1798.
Quelques lignes seulement, en signe d'amitié. C'est jour de courrier, et j'ai la tête toute endolorie.
Je n'ai pu encore, avec la meilleure volonté du monde, me risquer à entreprendre le voyage de Weimar, parce que je ne me suis pas senti en bon état, et que d'autre part le temps était par trop rude. Si je ne parviens pas à exécuter mon projet avant votre arrivée, je m'y rendrai sûrement tandis que vous serez à Iéna, et je puis fort bien m'arranger de manière à être de retour ici le soir même ; car je tiens moi-même extrêmement à avoir vu les œuvres de Meyer avant que vous ne nous ayez quittés.
J'espère que vous apporterez quantité de choses rédigées, esquisses ou développements plus poussés, car je ne saurais vous dire à quel point j'aspire à un échange actif de vues avec vous, même touchant des sujets qui n'ont rien de commun avec ma propre besogne. Je souhaiterais également de pouvoir lire bientôt quelque chose de ce qu'a écrit Meyer.
Adieu. Peut-être apprendrai-je demain la date de votre arrivée. Ma femme vous fait toutes ses amitiés. — Sch.