Schiller a Gœthe
Iéna, le 11 juillet 1798.
Je joins à vos papiers relatifs au magnétisme, que Geist (6) est venu chercher, quelques mots seulement, pour vous dire nos amitiés les plus cordiales,
(1) Voir la lettre précédente.
(2) Voir ci-dessus la lettre 366.
(3) D'Hermann et Dorothée.
(4) 4 juillet.
(5) La poésie intitulée Au bord du fleuve; elle parut dans VAlmanach des Muses pour 1799. — Gœthe séjourna à Iéna du 6 au 9 juillet. Le 7, il passa chez Schiller, avec Fr. A. Wolf, sept heures consécutives. Le 8, il s'entretint avec Schiller de physique, et ils firent ensemble quelques expériences de magnétisme.
(6) Le copiste de Gœthe.
et vous exprimer nos vœux. Toutes ces interruptions perpétuelles sont déplorables, mais qui sait si, en retardant chez vous la production poétique, elles n'auront pas pour effet, le moment venu, une éclosion d'autant plus soudaine et d'autant plus mûrie, et si nous ne verrons pas le retour de cet arrière-été de 1796 (1) qui me reste à jamais inoubliable.
Je m'appliquerai, de mon côté, à entretenir en moi l'inspiration lyrique et à la rendre productive, et je garde l'espoir d'avoir enfin, lorsque vous viendrez, commencé à fournir mon écot.
Gries vient de m'envoyer de Dresde un poème énorme (2), qui me plairait deux fois mieux s'il était deux fois moins gros.
C'est sans doute aujourd'hui qu'on va édifier le petit pavillon de mon jardin ; il est probable que mon après-midi y passera, car un spectacle de ce genre est pour moi une nouveauté à laquelle ma curiosité ne sait pas résister.
Adieu ; demeurez loin de nous aussi peu de temps qu'il vous sera possible. Ma femme vous envoie mille amitiés. — Sch.