Gœthe a Schiller
En attendant le retour de mon exprès (2), je me dis que je devrais revenir à la charge pour vous décider à venir, pour peu que votre présence ici puisse se concilier avec YAlmanach et son impression, car :
1° Le temps médiocre qu'il fait, et qui menace de durer, est bien plus inconfortable dans une villa que dans une maison où les pièces ne manquent pas ;
2° Les travaux du théâtre vous intéresseront ;
3° On expédiera vendredi (3) de quoi compléter le premier numéro des Propylées, et Ton voudrait bien que vous pussiez donner votre bénédiction à cet envoi ;
4° On prépare le numéro prochain, et l'on souhaiterait vivement profiter de vos conseils ;
5° Il y a en ce moment en train une masse d'observations d'histoire naturelle, dont les résultats ne manqueront pas de vous faire plaisir.
Enfin, ajoutez à ces raisons toutes celles que je pourrais encore alléguer pour vous attirer ici. Bien entendu, consultez aussi vos raisons personnelles
(1) L'étude de Meyer sur les Niobides. Voir ci-dessus la lettre 459.
(2) Voir la lettre précédente.
(3) 31 août,
et votre commodité. Mais, si vous venez, n'oubliez pas d'apporter votre Wallenstein, car il faut, pendant qu'on y est, mettre les bouchées doubles. Au point où en est actuellement le théâtre, je ne puis songer à m'absenter. Adieu, et décidez-vous le plus promptement que vous le pourrez. D'ici une quinzaine, toutes choses seront assez avancées pour me permettre de partir alors pour Iéna, et d'y demeurer jusqu'à la fin de septembre. Adieu. Faites tout votre possible. — Wcimar, le 27 août 1798.