Schiller a Gœthe
Notre ami (1), qui vous fait encore mille amitiés, me dit que vous vous êtes enterré strictement dans votre cabinet pour travailler d'arrache-pied au roman, parce qu'Unger vous presse d'en finir. Tous mes vœux vous accorhpagnent dans votre besogne. Il me tarde de lire cette huitième partie quand elle sera achevée.
Nous comptons donc vous revoir après-demain ; j'en ai beaucoup de joie, après un long espoir.
Humboldt ne reviendra pas ici de tout l'hiver, ce qui est pour moi un grand ennui.
Ayez donc la gentillesse d'apporter, quand vous viendrez, le numéro des Archives du temps présent qui contient la fameuse réponse à votre attaque, et aussi celui de la Reçue mensuelle où l'on dit qu'est fait mon éloge. Je ne parviens pas à me les procurer ici.
Tout un essaim de poésies vous attend.
J'ai été content d'apprendre que vous intriguiez pour procurer aux Heures une nouvelle acquisition (2), dont j'ai par avance très bonne opinion.
Le Conte de fées nous a fort divertis, et il ne manquera pas de plaire à tout le monde. Je vous en parlerai plus longuement de vive voix. Adieu. — Jéna, le 2 octobre 1795.