‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 106 sur 199 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, le 19 octobre 1795.

Je salue de tout cœur votre retour à Weimar. Je suis très content de vous savoir redevenu mon proche voisin. J'ai été désolé que vous ne pussiez pas venir ici cette dernière huitaine. Grâce à la douceur de ces journées, je me suis senti notablement soulagé, si bien qu'aujourd'hui j'ai pu faire une promenade en voiture, dont je me suis fort bien trouvé.

J'ai grande envie de voir arriver Madame de Staël.

Vous n'avez sans doute pas encore reçu la lettre que je vous ai adressée vendredi dernier à Eisenach (1), que vous avez dû quitter avant qu'elle n'y fût parvenue. *

J'attends la réponse de Humboldt au sujet de son logement. Comme j'ignore encore si sa maison est en état d'être habitée par un autre que lui, je n'ai fait qu'effleurer la question sans la poser expressément, en sorte qu'il n'éprouve aucune gêne à n'y pas répondre. Ce serait pour moi une bien grande joie qu'on pût vous procurer ici une installation vraiment commode.

Je vous adresse, pour le roman, tous mes vœux de réussite et de succès. Je suis tout à fait convaincu qu'à l'heure qu'il est ce qu'il peut y avoir de plus profitable pour l'œuvre entière, c'est que vous vous

(1) La lettre 110, du 16 octobre.

y donniez uniquement, de toute votre personne, et sans vous laisser interrompre. Et puis, je suis également persuadé qu'il y aurait grand avantage à ce que vous eussiez achevé d'écrire le dernier volume quelques mois avant la date où il vous faudra le donner à l'impression. Vous avez à tirer le bilan d'une très longue opération. On court grand risque de perdre de vue quelque détail.

Si vous retrouviez dans vos papiers la lettre que je vous ai envoyée l'an dernier après ma visite à Weimar et mon retour à Iéna, et qui était destinée* à inaugurer une correspondance sur des sujets d'es- ; thétique, ayez la bonté de me la retourner (1). Je songe à présent à en tirer parti. Ma femme et,^ ma belle-mère, qui est ici pour quelques semaines,, vous envoient leurs compliments. — Sch.

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