Schiller a Gcethe
Iéna, 24 octobre 1795.
Par l'exprès qui vous porte cette lettre, j'ai envoyé à Herder, en épreuve, un supplément lit-; téraire de la Gazette littéraire universelle (2) où se trouve publiée une sortie très grossière et injurieuse de Wolf, de Halle, contre l'article de Herder qui a été publié dans le neuvième numéro des Heures. J'estime qu'il est absolument indispensable — et vous serez sûrement aussi de cet avis — que Herder y réponde où il voudra. Mais vous verrez que ça qu'il y a de mieux à faire est de tourner en ridicule le pédant et le philistin qu'il y a dans cet homme.
Je vous serais très obligé de lire cette incartade
(1) Voir ci-dessus la lettre 15. Cette première lettro <I<î Schiller, que Goethe lui renvoya le 28 octobre (voir plus loin la lettre 116), e»t perdue.
(2) Numéro 122, du 24 octobre. L'article est du célèbre auteur des Prolèyomènes à Homère.
et de vous mettre à ce sujet en rapports avec Herder avant de venir ici ; nous serions peut-être ainsi en mesure d'arrêter ensemble une décision.
Je vous verrai donc peut-être demain, ce qui me ferait bien grand plaisir, car nous avons de nouveau bien des choses à nous dire.
J'ai laissé partir un courrier sans lui confier pour ■l'imprimerie mon étude sur le Naïf, afin de pouvoir encore vous en donner lecture, si vous venez demain ou après-demain.
Ma femme et ma belle-mère vous font leurs compliments. — Sch.