Schiller a Gcethe
Voici les Heures, qui m'ont, cette fois, bien longuement tourmenté, Il vous reste dû deux exemplaires de ce numéro. Cotta, qui paraît avoir la tête un peu à l'envers, ne s'est pas trompé, en faisant ses paquets, de moins tde sept exemplaires en trop peu, et ceux qu'il m'envoie, je veux dire ceux sur papier ordinaire, sont tous de mauvaise fabrication. Ce qui me console, c'est qu'avec la nouvelle année on emploiera un papier meilleur.
Voilà longtemps que je ne sais plus rien de vous, et je suis resté moi-même longtemps sans écrire. Le mauvais temps m'a profondément déprimé, au point qu'il m'a fallu faire de la nuit le jour et du jour la nuit. Je ne me sens guère mieux encore, et le travail marche lentement. Mais il a pris de l'ampleur sous mes mains, et j'espère, pour ce qui me concerne, commencer l*année par un article assez intéressant, si du moins je parviens à le terminer d'ici là.
Si seulement vous pouviez faire bénéficier notre premier numéro de l'année de quelqu'une de vos inspirations d'en haut ! Je me vois obligé d'ajourner l'article de Madame de Staël, pour raisons de variété, au numéro 2, parce que le premier regorge de poètes et de considérations théoriques sur la poésie.
(1) Il parut dans le premie» numéro des Heures pour 1796. i 11
Voici, de la part de YAlmanach des muses, la modeste rémunération de vos Epigrammes (1). C'est trop peu pour compenser les sequins que vous ont coûtés les epigrammes ; mais vous porterez le reste au compte des charmantes Bettines et des sveltes lézards (2). Cet imbécile de Michaelis ne m'a pas encore envoyé d'exemplaires.
Le bruit court ici qu'Iffiand (3) sera à Weimar la semaine prochaine. Ce sera une véritable fête pour Thalie et Melpomène. Peut-être nous l'amènerezvous un jour. J'aurais plaisir à revoir cette vieille connaissance.
Ma femme vous envoie ses meilleures amitiés. Adieu ; tenez-vous en belle humeur et en activité. — Iéna, le 8 décembre 1795. — Se h.
Voudriez-vous m'envoyer un accusé de réception, en deux lignes, sur une feuille à part, pour Michaelis? — Voici que la poste à cheval me retourne mon paquet, qu'elle refuse d'accepter parce qu'il contient de l'argent. Comme la voiture postale ne part que lundi, je vous envoie en attendant les Heures. Quel exécrable service postal 1