‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 121 sur 199 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, le 13 décembre 1795.

Mon article sur les poètes sentimentaux, que j'ai fait copier en deux exemplaires, est parti il y a trou semaines déjà pour l'imprimerie, mais vous pouvez être pleinement rassuré sur la fin. Vous n'avez lu que ce qui était achevé alors ; j'y ai ajouté depuis huit pages qui traitent de l'idylle, et c'est là-dessus

(1) Wieland.

que s'achèvera le morceau qui est destiné au douzième numéro des Heures. Mais la vraie conclusion ne paraîtra que dans le premier numéro de Tan prochain. Vous et Wieland, vous aurez donc du champ devant vous, et je pense qu'une fois que l'article aura reçu sa terminaison véritable, l'impression d'ensemble et l'intérêt qui s'attachera aux idées feront pâlir toute considération de personnes.

Je vous renvoie ci- joint les Elégies, avec mes observations. J'ai poussé peut-être le zèle un peu loin, parce qu'à l'égard d'une traduction on se montre volontiers, et non sans raisons, plus exigeant sur les menus détails que lorsqu'il s'agit d'une œuvre originale, et que d'autre part nous sommes guettés par les rigoristes à la Voss. J'ai encore huit jours devant moi avant d'expédier à l'imprimerie le manuscrit de ce numéro, et nous avons donc tout le temps de faire ces menues corrections, si vous estimez qu'il y ait lieu de tenir compte de mes remarques.

Sous ces réserves, je suis très satisfait de cette traduction. Elle pénètre jusqu'au cœur de la pensée de l'auteur, et, sauf ces petites rudesses, est extraordinairement coulante et sans contrainte.

Voici l'argent que je n'ai pu vous expédier l'autre jour. Pour le jour de l'an, je vous enverrai vingt louis d'or pour le Properce. Adieu. — Sch.

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