‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 124 sur 199 · Goethe a Schiller · texte numérisé non relu

Goethe a Schiller

Nous avons fait le meilleur usage possible des remarques très fondées que vous avez eu la bonté de joindre aux Elégies en nous les retournant ; une

(1) Du feuilletonniste Lafontaine. Clara du Plessis und Clair aut avait paru à Berlin en 1794.

pareille association d'efforts permet en effet de rapprocher petit à petit de la perfection un travail de cet ordre.

Ces jours derniers, espérant m'instruire à l'école de mon honorable collègue (1), j'ai lu cet excellent Monsieur Stark, et j'en ai fait une étude attentive. Je ne puis dire en conscience que j'y aie trouvé grand profit. A première vue, cela a en effet une certaine apparence, qui- peut faire illusion, mais, à mesure qu'on y regarde de plus près, on s'aperçoit que cela fournit vraiment par trop peu.

En revanche, j'ai trouvé dans les nouvelles de Cervantes de véritables trésors d'amusement tout à la fois et d'instruction. Quelle joie l'on ressent, lorsqu'on peut se laisser aller à admirer soi-même ce que l'opinion commune déclare admirable, et combien l'on se sent encouragé à poursuivre sa route, lorsqu'on se trouve en présence d'oeuvres qui sont construites exactement selon les principes auxquels nous obéissons nous-mêmes, dans la mesure où nous le pouvons, et en tenant le compte qu'il faut de notre milieu.

Adieu. A bientôt la suite. — Weimar, le 11 décembre 1795. — G.

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