Gœthe a Schiller
La huitaine qui vient me promet une existence des plus variées. Aujourd'hui arrivent les princes de Darmstadt ; demain il y a réception à la cour, dîner, concert, souper et redoute. Lundi, Don Juan Le reste de la semaine sera pris par les répétitions, car, le 30, nous aurons les Avocats d'Ifnand, et, le 2, notre nouvel opéra. Mais ensuite je suis résolu à me ressaisir au plus vite, et à voir si je suis bon à quelque chose. En attendant, le huitième livre surgit fréquemment devant moi, et me fait signe, parmi toutes ces figures étrangères, et je compte bien profiter de la première bonne occasion pour en voir la fin.
Dans les dernières épigrammes que vous m'envoyez déborde une veine humoristique splendide, et je les ferai donc copier toutes ; ce qui, finalement, ne méritera pas de figurer dans la compagnie des autres s'éliminera plus tard de soi-même connue un corps étranger.
Ni les papiers que vous désirez, ni les bordures, ne se trouvent ici tout faits ; je vous envoie des échantillons des uns et des autres, qui viennent de Francfort. La pièce de papier peint a une aune en largeur et vingt de long ; il vous faudrait donc, pour avoir vos soixante-deux aunes, prendre quatre pièces et garder le surplus. La pièce coûtait l'an dernier un florin vingt kreuzer. Quant à la bordure, dont vous avez ci-joint Féchantillon, la pièce est de quarante aunes et coûte trois florins et demi ; il vous en faudrait donc deux pièces. Elle fait très bien avec le vert ; mais, si vous préfériez des couleurs plus vives, il existe de jolies bordures roses dans les mêmes largeurs. Si vous me renvoyez les échantillons tout de suite, je pourrais faire partir la commande lundi soir pour Francfort, et vous auriez
assez vite ce que vous désirez. Il serait plus compliqué de faire peindre les papiers ici, étant donné surtout qu'Eckebrecht est en ce moment très accaparé par les décors (1).
Portez-vous bien, et jouissez du beau temps. — Weimar, le 23 janvier 1796. — G.