Gœthe a Schiller
La redoute vient de me coûter toute la nuit, et nous sommes sortis du lit un peu tard ; je veux tout
simplement, pour ne pas retenir trop longtemps le paquet qui vient d'arriver, vous accuser d'un mot bonne réception des Heures dans leur nouveau costume et leur toilette un peu plus moderne, qui leur va fort bien, et de l'argent qui y est joint. J'espère vous envoyer samedi les Elégies de Properce, peut-être sans avoir eu le temps de les faire copier, et je compte vous arriver en propre personne le lundi d'après (1) ; nous pourrons alors examiner et discuter à loisir le point où nous en sommes l'un et l'autre, et nos plans. Adieu. J'ai relu avec beaucoup de plaisir la fin de votre étude sur les poètes et les hommes naïfs et sentimentaux, et on me dit que les premières parties sont très bien accueillies. Il ne reste plus qu'à frapper toujours sur le même clou, et l'effet s'en fera certainement sentir. — Weimar, le 10 février 1796. — G.
J'espère que les bordures vous plairont ; seulement, il faut prendre garde qu'on ne les colle pas à l'envers : elles ont double face, pour qu'on puisse les disposer à gauche et à droite autour des fenêtres, et il faut noter aussi que les bouquets ont la tête en bas. Les gens ne font pas toujours attention à ces détails, qui sont capitaux ; chez moi, ils ont collé tout à fait de travers une bordure analogue, et c'est pourquoi j'attire votre attention sur ce point. J'affranchirai le paquet d'ici, et je porterai les frais en compte.