‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 157 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Dès mon retour à Weimar, où je suis très bien rentré, j'ai été pris par la fièvre du travail: Gellini, et, je veux l'espérer, le roman ne tarderont pas à vous en fournir la preuve. Ayez la bonté de me renvoyer le septième livre sitôt que vous le pourrez. Voici les épigrammes que je vous ai promises : il y en a trente ! Mais cette fois encore, à mon vif regret, vous y trouverez deux fois plus de haine que d'amour. Dès que vous aurez fini de les mettre en ordre, faites-moi parvenir tout de suite le tout : ce sera le meilleur moyen de mettre définitivement au point telle ou telle xénie demeurée inachevée, et d'en faire éclore de nouvelles.

Pour l'une de ces petites pièces, VHomme dangereux (1), j'ai utilisé une idée qui est de vous, en y apportant une modification que vous accepterez peut-être. D'une manière générale, dans la revision que je ferai des autres, je me laisserai guider par cette maxime que, si violents que nous soyons, nous devons nous garder de toute incrimination qui relève du droit commun.

Vous verrez arriver bientôt aussi Y Idylle (2), et encore une autre poésie, je ne sais trop laquelle. Je jouis à présent, chez moi, de vacances complètes, et j'envisage avec beaucoup de contentement les immenses tâches qui sont là devant moi. Encore une fois mille

(1) Il n'e*iste pas de xénie qui porte ce titre. Celle dont il s'agit a dû paraître sous un autre titre, à moins qu'elle n'ait été supprimée.

(2) Alexis et Dora.

remerciements pour toutes vos attentions. Adieu, et ne me laissez pas sans nouvelles de vous-même et des vôtres. — Weimar, le 10 juin 1796. — G.

Le roman est arrivé ce matin ; d'ici quelques jours, vous en apprendrez et en recevrez davantage. Les dessins qui accompagnent le manuscrit de Hirt n'étaient pas joints à votre envoi ; j'y ai trouvé, si je ne me trompe, un des spécimens typographiques de Gôpferdt.

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