‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 161 sur 199 · Schiller a Goethe · texte numérisé non relu

Schiller a Goethe

Iéna, le 20 juin 1796.

Voss a fini par ne pas venir ; il s'est contenté d'écrire brièvement que de désagréables importuns l'obligeaient à retarder son voyage. Je regrette sincèrement de n'avoir pas fait sa connaissance personnelle ; mais elle aurait été achetée au prix d'une scène très fâcheuse, car j'ai appris aujourd'hui par des amis de Halle qu'il (1) avait en effet le dessein de l'accompagner. J'aurais été immanquablement obligé de me montrer grossier envers ce visiteur, ce qui eût mis Yoss dans un grand embarras, et l'eût vraisemblablement décontenancé tout à fait.

Je souhaite de tout cœur bonne chance aux progrès du roman. Le jour qui m'apportera la fin sera pour moi aussi un jour de fête.

Le nouveau morceau de Cellini m'a beaucoup amusé, comme avaient fait les précédents. Le récit de sa maladie est splendide ; les événements de Florence sont attachants, et se lient fort bien à l'histoire de sa maison. Le mélange un peu fou de galanterie et de grossièreté qu'il y a chez l'ami Benvenuto est divertissant au plus haut point.

Je ne puis encore vous expédier les xénies aujourd'hui. Mon copiste n'est pas venu.

Adieu. Que les neuf muses au complet soient avec vous !

(1) Keichardt.

Ma femme vous envoie ses amitiés. Vous avez bien reçu les biscottes avec ma lettre de samedi? — Sch.

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