‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 164 sur 199 · Goethe a Schiller · texte numérisé non relu

Goethe a Schiller

Je suis content que la mascarade d'un monde qui n'est pas le nôtre vous ait diverti comme il convenait ; je m'en vais me mettre en quête des documents les plus récents relatifs à la diète, et surtout de quelques brochures auxquelles celle-ci fait allusion : il serait assez drôle que nous pussions lancer aussi une douzaine de xénies vers cette région de l'humanité.

Inutile de me retourner cette galerie de grotesques avant que vous ayez le roman ; il vous parviendra au début de la semaine prochaine, par un messager spécial, qui pourra me rapporter les xénies, si vous en avez fini avec elles d'ici-là. Lisez le manuscrit, d'abord en ami, pour le plaisir, et ensuite en critique, pour me donner votre visa, si vous estimez pouvoir le faire. Plus d'un passage aurait encore besoin d'être développé, quelques-uns le réclament impérieusement, mais j'en suis au point de ne plus guère savoir que faire ; car les exigences que m'impose ce livre sont illimitées, et ne peuvent, de par la nature même du sujet, obtenir pleine satisfaction ; et pourtant il est indispensable que tout reçoive sa solution, du moins jusqu'à un certain point.

Le manuscrit a grossi sou» mes doigts, et, si j'avais voulu développer plus largement les récits, et laisser I couler plus librement le verbiage des réflexions ! morales, de ce dernier volume j'aurais pu très com-f; modément en faire deux ; mais il se peut que, sous sa forme concentrée, il produise pourtant une impression meilleure et qui soit plus durable.

Faites mes amitiés à Humboldt, lorsque vous j lui écrirez. Quant à Zelter, nous ferons pour lui quelque chose à nous deux le plus tôt possible, mais vous pouvez toujours lui envoyer la Cérès, à titre d'essai. Adieu, amitiés à votre chère femme, et donnez-moi bientôt des nouvelles de votre santé à tous deux. — Weimar, le 25 juin 1796. — G.

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