Gœthe a Schiller
Au reçu de votre première lettre, je me suis mis immédiatement à y répondre (2), et voici qu'au milieu de mes affaires véritablement bien terrestres, j'ai la surprise de vos deux lettres suivantes, qui m'arrivent comme des voix venues d'un autre monde, que je ne puis qu'écouter et que recueillir attentivement. Continuez de me réconforter et de m'encourager ! Vos réserves me permettront de mettre le huitième livre tout à fait au point lorsque je le reprendrai en main. J'ai déjà pour presque tous vos desiderata une solution qui, à mon sens aussi, donnera à l'ensemble, sur les points don; il s'agit, une cohésion meilleure, plus de vérité et plus d'agrément. Ne vous lassez pas de me dire sans réserves votre sentiment, et gardez tranquillement le livre toute la semaine prochaine. Entre temps, j'avance le morceau de Cellini dont vous avez besoin. Je vous écrirai, très sommairement, les corrections que je me propose d'apporter au huitième livre, après quoi, dès le début du mois d'août, la copie définitive sera sortie de nos mains.
Vos lettres sont aujourd'hui mon unique occupation, et vous sentirez combien je vous ai de reconnaissance pour toute l'aide que vous me prêtez
(1) La valeur des monnaies en usage alors dans cette partie de l'Allemagne était approximativement la suivante : un louis d'or valait 0,87 carlin, ou 5,66 écus d'empire (ou rixdales), ou 3,50 écus de six livres.
(2) Gœthe reprit ce commencement de réponse dans sa lettre du 7 juillet (voir ci-après, n° 185).
248 (5 JUILLET I79tJ
ainsi, d'un seul coup, sur tant de points. Adieu ; amitiés à votre chère femme. — WeimarfleJ) juillet 1796. — G.