‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 181 sur 199 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, lundi 11 juillet 1796, 3 heures de V après-midi.

Il y a deux heures que ma petite femme a accouché ; les choses ont marché plus vite qu'on ne pouvait l'espérer, et tout s'est passé, avec l'aide de Stark, facilement et le mieux du monde. Mes vœux sont comblés à tous égards, car c'est un garçon (2), qui paraît bien venu et vigoureux. Vous imaginez sans peine combien j'ai le cœur allégé, d'autant plus que, tous ces temps-ci, je n'ai cessé de redouter que mes spasmes ne reprissent avant que l'enfant ne fût là.

Je puis donc maintenant commencer à dénombrer ma petite famille. C'est un sentiment très particulier, et la distance d'un à deux est beaucoup plus grande que je n'aurais cru.

(1) A. W. Schlegel avait épousé, le 1er juillet, à Brunswick, Caroline Michaclis, après son divorce d'avec Bôhmer.

(2) On l'appela Ernest-Frédéric-Wilhelm ; ce dernier prénom lui fut donné vraisemblablement en l'honneur de Wilhelnk Meister.

Adieu. Amitiés de ma femme ; elle est, à part sa faiblesse, aussi bien que possible. — Sch.

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