‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 182 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Je vous félicite de tout mon cœur pour le nouvel arrivant ; puisse votre paire de garçons vous procurer toutes les joies possibles. Faites à votre chère femme mes meilleurs et mes plus affectueux compliments.

J'irai vous voir samedi prochain (1), si je le puis.' Il faut absolument que nous nous entretenions oralement du roman et aussi des xénies, et d'autres choses encore, qui me tiennent à cœur. Pour ce qui est du roman, la question essentielle sera de savoir où prennent exactement fin les années d'apprentissage, qui en sont proprement le sujet, et dans quelle mesure on peut songer à faire réapparaître quelque jour les personnages. Ce que votre lettre d'aujourd'hui me suggère, c'est proprement une suite de l'ouvrage, que j'ai, moi aussi, l'intention et le désir d'écrire ; mais nous verrons cela de vive voix. Il faut donner tout son achèvement à ce qui regarde en arrière, et il faut marquer nettement ce qui regarde en avant, mais il est indispensable de laisser en place des pierres d'attente qui, tout comme le plan lui-même, annoncent une continuation ultérieure, et c'est là ce que je désire examiner à fond avec vous. Ne m'envoyez rien par les messagères, et gardez le manuscrit. Je vous porterai les xénies, Cellini, peut-être autre chose encore. Saluez de ma part Schlegel et sa femme ; j'aurai plaisir à les rencontrer cette fois l'un et l'autre.

Je ne suis qu'à demi satisfait que notre petite amie (2) soit contrainte à faire ce voyage pour une circonstance si pénible, et à une heure si critique ;

(1) 16 juillet.

(2) Mme Paulus.

car la situation a l'air d'être tout aussi mauvaise en Souabe que sur le Haut-Rhin et le Bas-Rhin.

Adieu ; portez-vous bien dans votre paisible vallée, et jouissez de la belle saison, tout au moins de votre fenêtre. — Weimar, le 12 juillet (1) 1796.

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