‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 188 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Je vous envoie ci-joint une bonne lettre de Meyer ; c'est la seconde fois qu'il m'écrit de Florence, où il se sent parfaitement heureux ; je souhaite seulement qu'il s'y installe dans de bonnes conditions de véritable repos.

Vous aurez samedi encore quelques douzaines de xénies. Ne pourriez-vous, puisque vous activez toutes choses pour VAlmanach, me communiquer encore une fois le manuscrit? J'ai modifié bon nombre de passages dans les xénies, et j'ai trouvé, de-ci de-là, des titres ; peut-être y aurait-il quelque parti à en tirer.

La copie du roman progresse, et j*y vois encore bien à faire ; je compte vous l'expédier le 3 ou le 6 août, j'irai vous voir le 10, et j'espère que nous aurons vite fait d'en finir.

D'ici là, tout porte à croire que l'on verra un peu plus clair dans la calamité politique. Il semble que

Meister et sur le maître-ouvrier par opposition à l'apprenti. On ne sait de qui est cette épiçramme.

(1) Application malicieuse des vers bien connus de Juvénal. — L'Almanach des muses pour 1797 donna de Herder six poésies originales et six traductions.

la Thuringe et la Saxe aient du temps devant elles pour réfléchir, et c'est autant de gagné.

L'article de Kant sur la manière distinguée de philosopher (1) m'a fait grand plaisir ; cet écrit aide utilement à discerner avec une netteté de plus en plus grande ce qui n'est pas fait pour aller ensemble.

L'autodafé de Stolberg et l'épigramme des Baggesen ne leur porteront pas bonheur. Ils n'ont un tant soi peu de crédit que parce qu'on les a tolérés, et il ne faudra pas un bien grand effort pour les précipiter dans la société de leurs pareils. — Adieu ; je souhaite que votre femme se trouve bien du changement de régime, et que le petit profite bien de sa nouvelle alimentation. Je me promets d'avancer entre temps mon travail avec tout le zèle possible, pour pouvoir passer tranquillement un peu de temps auprès de vous, et m'entretenir avec vous de bien des projets nouveaux. — Weimar, le 26 juillet 1796. — G.

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