‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 19 sur 199 · Schiller a Gœîhè · texte numérisé non relu

Schiller a Gœîhè

Iéna, le 8 octobre 1794.

Excusez-moi de vous avoir si longtemps fait attendre la lettre ci-jointe, qui doit ouvrir notre correspondance (1). Il m'a fallu liquider auparavant quelques engagements pressants envers la Gazette littéraire universelle et la Thalia ; d'où ce retard, contre mon gré.

A vous de décider maintenant s'il y a lieu de poursuivre dans la direction que marque cette lettre. Il m'a paru nécessaire, puisque dans la suite il peut nous arriver d'y être si fréquemment ramenés, de définir tout d'abord clairement notre manière dé concevoir la nature de la beauté.

J'ai à peu près arrangé notre affaire avec le conseiller Schutz (2). La principale difficulté, ou pour mieux dire la seule, ce sont les frais supplémentaires qui incomberont à MM. les directeurs de la Gazette, si on leur demande de publier annuellement douze comptes-rendus d'un seul et même ouvrage, alors qu'ils ne nous en doivent strictement qu'un seul. Mais il est probable que nous trouverons le moyen de nous arranger de manière que l'éditeur des Heures les soulage de la moitié de leurs frais. Cette combinaison leur permettra, pensent-ils, de clore la bouche aux autres éditeurs de revues, qui, autrement, pourraient s'en prévaloir pour ré* clamer la même faveur.

(1) Les poètes avaient décidé d'échanger une série de lettres sur les beaux-arts, destinées à paraître dans les Heures. Celle dont il s'agit ici est perdue.

(2) Un contrat par lequel la Gazette littéraire Universelle, dont Schutz était rédacteur en chef, s'engageait à publier annuellement douze comptes-rendus des Heures. Le contrat ne fut jamais exécuté.

Il me tarde d'avoir votre roman, que vous avez promis de me communiquer. Schûtz m'a proposé de rendre compte de cette première partie, et je suis très tenté d'accepter, surtout parce que je n'aimerais pas le voir tomber en d'autres mains (1). Les Humboldt et ma femme vous envoient leurs compliments affectueux, et je suis avec vous de tout ce que j'ai de vie et de pensée. — Sch.

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