Goethe a Schiller
Je crois que vous n'auriez pas été trop mécontent de la représentation de Don Carlos, si nous avions eu le plaisir de vous avoir ici. Pensez donc de temps à autre à vos Chevaliers de Malte.
Je vous enverrai sans doute les Elégies à la fin de cette semaine ; elles sont déjà recopiées en partie, et je ne suis plus arrêté que par quelques vers mal venus çà et là.
Vous recevrez aussi quelques feuillets en réponse à votre première lettre ; ils sont retranscrits déjà, mais il faut que je retouche quelques passages. Je me fais un bien singulier effet, lorsque je me surprends à faire de la théorie.
Ne m'oubliez pas, vous et les vôtres.
Vous ne refuserez pas d'accorder un quart d'heure à M. Gerning, qui vous porte cette lettre.
Adieu. — Weimar, le 16 (1) octobre 1794. — G.