Gœthe a Schiller
Voici le manuscrit (5). J'espère avoir trouvé la juste mesure et le ton convenable. Veuillez me le renvoyer bientôt : j'ai encore à y donner, de-ci delà, quelques coups de pinceau, pour mettre certains passages en leur vraie lumière. Si je termine à temps
(1) La gravure sur cuivre de Mùller, d'après le portrait de Graff.
(2) De Schreyvogel. La pièce ne fut pas représentée sur le théâtre de Weimar.
(3) Les « Idées pour une histoire future de l'art », qui parurent dans le deuxième numéro des Heures pour 1795.
(4) En cours de route, Humboldt passa à Weimar avec Gœthe la journée du 21. — Entre temps, Gœthe avait passé à léna, avec le duc, les journée! «lu 18 au 20 novembre.
(5) Des « Entretiens d'émigrés allemands », qui parurent dans i<s numéros 1, 2, 4, 7 et 9 des Heures pour 1795.
la seconde Epître et le premier conte pour notre second numéro, nous les y donnerons, et nous réserverons les Elégies pour le troisième ; sinon, celles-ci passeront les premières. Ces petits récits m'amusent beaucoup, après le rude effort qu'impose cette pseudo-épopée qu'est le roman.
Unger (qui, soit dit en passant, m'a l'air d'un brouillon) m'envoie la fin du premier livre, et oublie le milieu. Sitôt que j'aurai reçu les six feuilles qui manquent, je vous expédierai ce Prologue.
M. de Humboldt est venu dernièrement prendre part à une de nos séances de critique esthétique (1) ; j'ignore s'il y a pris plaisir.
J'ai grand désir d'apprendre où vous en êtes de vos travaux, et plus encore de lire quelque chose que vous ayez terminé.
Je pense que vous ne manquerez pas de recevoir quelques bonnes feuilles de notre revue, que nous en voyions la figure avant le public.
Adieu. J'ai de nouveau une masse de choses dont j'aimerais à causer avec vous. — Weimar, le 27 novembre 1794, dans la soirée. — G.