‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 43 sur 199 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, le 25 janvier 1795.

Si vous aviez passé avec nous un jour de plus (2), nous aurions pu fêter ensemble la venue au monde des Heures. Elles sont arrivées hier, et je vous envoie les exemplaires qui vous reviennent, avec un autre pour notre ami Meyer. Il en reste d'autres à votre disposition, si vous en avez le moindre besoin. J'aimerais que l'aspect extérieur eût votre approbation à tous deux.

Cotta m'écrit une lettre très satisfaite. Les commandes sont dès à présent si nombreuses, qu'il se promet un très beau chiffre de vente, et, dans la

(1) Voir ei-dessus la lettre 3(J.

(2) Gœthe et Meyer étaient resté» à léna du 11 au 23 janvier.

bouche d'un éditeur, une pareille déclaration mérite créance.

Comme j'ai à faire ces jours-ci un envoi à Jacobi, veuillez me faire parvenir la lettre que vous savez, car j'aime mieux ne pas vous donner l'ennui de mon paquet. J'aimerais aussi à savoir si vous destinez un de vos exemplaires au duc, auquel cas je n'aurais pas à lui en faire hommage.

J'ai reçu les déesses (1). Elles me sont, à mon grand contentement, la preuve que vous avez fait heureusement la froide traversée du retour, vous et notre ami le grand amateur de poêles (2). J'aime beaucoup la reine des dieux aux proportions colossales, et il m'arrivera souvent de la contempler, tout comme la vierge divine, qui, nonobstant le pli que met à son front l'idée de sa mortalité (3), est excellente.

Chacun se recommande affectueusement à votre souvenir. — Tout à vous. — Sch.

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