Schiller a Gœthe
Iéna, le 8 mars 1795.
Mon espoir de vous voir ici cette semaine est donc resté vain ; je veux croire au moins que, si j'en ai été frustré, c'est uniquement parce que vous êtes solidement attelé à la besogne. Mais ne pas recevoir de lettre de vous et ne pas vous voir, c'est à quoi il m'est désormais bien difficile de m'habituer.
Il me tarde fort d'apprendre ce que vous faites en ce moment. On m'a dit que vous imprimeriez le troisième volume de Meister déjà pour la Saint- Jean. Ce serait aller plus vite en besogne que je ne pensais ; mais, si j'en suis ravi pour Meister, je serais désolé que vous fussiez pour un si long temps distrait de nos Heures.
Je n'ai pu rien savoir encore de l'accueil fait à notre deuxième numéro ; peut-être aurez-vous entendu dire à Weimar des choses qu'il nous divertirait d'apprendre.
Notre ami Meyer est-il satisfait de son article? Je souhaiterais qu'il le fût. Cotta m'écrit qu'il a beaucoup plu à bon nombre de lecteurs, et je ne doute pas qu'il ne nous fasse honneur.
Je vous envoie quatre nouveaux exemplaires, dont un pour M. Meyer. Si, au lieu des exemplaires sur papier ordinaire, vous vouliez en avoir encore un ou deux sur papier meilleur, veuillez me le faire savoir, et me retourner les exemplaires ordinaires.
Tout le monde se rappelle à votre souvenir. — Sch.