‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 55 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Malgré tout mon vif désir de vous revoir et de m'entretenir avec vous, il m'a été impossible de bouger cette semaine. Quelques acteurs, que je

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désirais voir dans des rôles d'essai, le mauvais temps et un rhumatisme que m'a valu un refroidissement, tout cela, de jour en jour, m'a immobilisé, et il ne m'est pas encore possible de prévoir quand ni comment je serai maître de partir.

Laissez-moi pourtant vous dire que j'ai beaucoup travaillé, que la majeure partie du quatrième livre est expédiée et que le Procureur est fait, lui aussi. Je souhaite que vous soyez content de la manière dont j'ai pris et développé l'histoire.

Je me tiendrai pour satisfait si les volumes successifs de mon roman paraissent aux dates fixées ; il n'est pas question d'en hâter la publication. Rien ne me détournera de donner aux Heures la collaboration que vous souhaitez de moi. Si je parviens à tenir bien en main et à bien administrer mes jours et mes heures, cette année pourra être féconde.

Je n'ai encore rien entendu dire du second numéro des Heures; mais le premier fait sensation comme il faut en Allemagne.

Meyer vous remercie de la forme que vous avez donnée à ses Idées; il n'y a guère qu'un petit nombre de détails qui auraient pu être présentés autrement, mais nous n'avons pas à craindre que personne s'en aperçoive. Il travaille maintenant à une étude sur Pérugin, Bellini et Mantegna (1).

La liste ci-jointe vous indiquera les revues mensuelles que nous recevrons désormais dans notre maison. Je ferai copier les sommaires de chaque numéro et j'y ajouterai un bref compte-rendu. Quand nous serons vieux de six mois, nous pourrons regarder nos confrères de haut.

Si nous nous appliquons à nous montrer sévères et variés, nous aurons bientôt fait de percer, car les autres revues, toutes tant qu'elles sont, portent

(1) Elle parut dans le neuvième numéro des Heures pour 1795.

plus de ballast que de marchandises ; et comme notre désir principal est que notre travail nous serve à nous perfectionner nous-mêmes, il n*en peut résulter que de bons et heureux effets.

Grand merci pour les exemplaires que vous m'avez expédiés. Le second envoi concorde exactement avec le premier : quatre sur papier ordinaire, et autant sur grand papier.

Jacobi s'excuse de n'avoir encore rien envoyé.

Je souhaite qu'un temps meilleur me permette de faire un saut rapide jusque chez vous, car il me tarde infiniment de causer avec vous, et de voir ce que vous avez fait depuis tout ce temps. Mes compliments aux vôtres. — Weimar, le 11 mars 1795. — G.

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