Gœthe a Schiller
Je n'ai pu hier, bien que j'eusse à moi quelques heures parfaitement vides d'occupation, prendre sur moi de me rendre encore une fois chez vous et de prendre congé de vous dans toutes les formes : j'ai quitté Iéna très à contre-cœur, et je vous exprime une fois de plus ma vive gratitude pour votre sympathie et pour tout ce dont vous m'avez comblé. Voici, avant toutes autres choses, les Elégies, qu'il faudra me retourner le plus promptement possible ; vous les reverrez ensuite recopiées, et réparties de manière à remplir le nombre de pages voulu.
J'ai trouvé pour le calendrier (2) quelques petites choses, qui visent en particulier MM. X..., Y..., Z... ; je vous les expédierai prochainement, à l'occasion d'un autre envoi. Rappelez-moi de temps à autre ce que vous jugez désirable, pour que mon bon vouloir passe à l'acte.
Adieu ; amitiés aux vôtres et aux amis. — Wei~ mar, le 3 mai 1795. — G.
(1) 29 mars. Gœthe et Meyer arrivèrent ce jour-là à Iéna, et y séjournèrent jusqu'au 2 mai.
(2) Pour VAlmanach des muses. C'est la première fois qu'apparaît l'idée des épigrammes satiriques qui prendra corps plus tard dans les Xénies.