Schiller a Gœthe
Iéna, le 4 mai 1795.
Je viens de recevoir les Elégies, avec votre mot affectueux. Depuis votre départ, il ne s'est pas passé une soirée que vous ne m'ayez manqué ; on ne prend que trop volontiers l'habitude des choses heureuses. Ma santé s'améliore lentement ; encore quelques jours, et j'espère me retrouver sur pied.
J'attends avec une extrême impatience ce que vous comptez m'envoyer pour VA Imanach. Tant que je ne l'aurai pas en main, je ne pourrai évaluer les provisions poétiques que j'ai à ma disposition pour cet opuscule.
Je vais me mettre immédiatement aux Elégies, et je compte vous les retourner vendredi (1).
Huber (2) m'écrit qu'il aurait grande envie de traduire votre Meister en français. Dois-je l'encourager ou l'en dissuader?
Comptez bien que je me chargerai de vous rafraîchir la mémoire. Je né vous ferai grâce d'aucune de vos promesses. Selon l'horaire de nos Heures, le moment n'est plus éloigné où il vous faudra songer à vos Entretiens. Et peut-être entre temps l'heure de YEpître sonnera-t-elle, elle aussi.
Ma femme vous envoie ses compliments les plus affectueux. Faites à Meyer mes cordiales amitiés. — Sch.