Gœthe a Schiller
Je reçois votre paquet au moment d'expédier le mien. J'y joins quelques lignes. La poste à cheval vous portera demain soir une partie des Elégies; je souhaite que rien ne vienne vous empêcher de terminer votre article. Je puis vous promettre encore, pour le septième numéro, tout près de deux feuilles.
Poursuivons notre chemin sans nous laisser émouvoir ; nous savons ce que nous sommes capables de donner, et à qui nous avons affaire. Voilà vingt ans que je connais par cœur la farce que jouent les littérateurs professionnels d'Allemagne ; qu'ils continuent à la jouer, et ne nous en occupons pas davantage.
Il ne faut pas décourager tout à fait Reichardt, mais il est intrigant, et vous ferez bien de le maintenir dans de justes limites.
Je n'ai pas encore eu Luise entre les mains ; je vous serais obligé de me la prêter. Je vous envoie un volume de la Terpsichore de Herder, que je vous demande de me retourner bientôt ; vous y prendrez grand plaisir.
Mon indisposition a à peu près pris fin. J'avais tout combiné pour aller passer avec vous tout au moins une demi-journée ; maintenant, il faut que j'attende jusqu'à la Trinité. Je serai retenu ici toute la prochaine quinzaine par les répétitions de Claudine (1).
Adieu. Mes compliments à nos amis.
Le Moniteur imprime que l'Allemagne est surtout célèbre par sa philosophie, et qu'un certain
(1) La première eut lieu le 30 mai.
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« M. Kant » et son disciple « M. Fichte » ont allumé vraiment les lumières dont s'éclairent les Allemands. — Weimar, le 16 mai 1795. — G.
Pour les exemplaires des Heures, le compte n'y est pas tout à fait, mais c'est sans importance. M. Gotta aura certainement la gentillesse de compléter à la fin du semestre.