‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 67 sur 199 · Gœthe a Schiller · texte numérisé non relu

Gœthe a Schiller

Voici, mon cher ami, les Elégies. Les deux sont écartées. J'ai laissé, dans la sixième, le passage que vous m'aviez signalé. Il est parfaitement exact qu*on ne la comprend pas sans explication ; mais il est très naturel qu'il faille des notes, non seulement pour comprendre un écrivain ancien, mais aussi pour un écrivain proche de nous.

J'ai lu la préface de Wolf à l' Iliade (1) ; elle n'est pas sans intérêt, mais elle m'a médiocrement satisfait. Il se peut que l'idée soit bonne, et l'effort est

(1) Les Prolegomena ad Homerum parurent à Halle en 1795.

honorable, mais pourquoi faut-il que ces gens-là, pour couvrir la faiblesse de leurs flancs, se permettent de dévaster les plus fertiles jardins du royaume de la beauté, et de les transformer en de lamentables glacis? Et, au bout du compte, il y a dans toute cette camelote plus de fantaisie et d'arbitraire qu'on ne pense. Je serai content d'en causer bientôt avec vous. Je me propose de décocher d'ici peu à ces bons amis une Epître soignée.

La visite de M. de Humboldt est venue nous surprendre hier très agréablement. Faites-lui mes meilleurs compliments.

Adieu. Vous recevrez bientôt le reste des Elégies, et puis, s'il plaît à Dieu, ce sera bientôt aussi mon tour. — Weimar, le 17 mai 1795. — G.

Je m'en remets entièrement à vous du soin de décider de la disposition typographique. Peut-être y aura-t-il moyen d'arranger cela d'une manière présentable.

Page 1