‹ Correspondance entre Schiller et Goethe, 1794-1805Chapitre 68 sur 199 · Schiller a Gœthe · texte numérisé non relu

Schiller a Gœthe

Iéna, le 17 [18] mai 1795 (1).

Deux mots seulement, pour vous accuser réception des Elégies, et pour vous remercier cordialement, en mon nom et au nom de ma femme, de la seconde partie de Meister. Ce que j'ai lu, très vite (car j'ai donné tout de suite le volume au relieur) de l'histoire de Serlo, est très amusant, et je me promets d'avance beaucoup de plaisir de la lecture suivie de cette partie.

Vous parlez d'annoter les Elégies; les notes ne seront sûrement pas de trop. Comme on pourrait, selon l'usage actuel, les placer à la fin du texte,

(1) Cette lettre, qui répond à la précédente, fut écrite sûrement le lendemain ; « 17 » est un lapsus certain

nous avons jusqu'à lundi (1). Le public aime bien qu'on lui explique tout.

M. de Humboldt m'a assuré que vous étiez mieux, et j'en ai été bien content. Je lui ai remis, avec votre permission, la Terpsichore, que Herder m'a envoyée entre temps. A en juger sur ce que j'en ai vu, c'est d'excellent ouvrage, et un aussi bon poète (2) méritait à tous égards d'être tiré de l'oubli, pour être présenté sous une forme si belle.

A la condition d'accorder une place très large au titre de chaque Elégie, nous pouvons fort bien les faire commencer chacune en page, sans risquer qu'aucune finisse trop haut. Je donnerai ordre qu'on adopte le même type que pour les Epîtres. — Et maintenant, que le Centaure (3) choisisse une heure propice pour sa venue au monde !

Je suis tout heureux à la pensée de vous voir dans quelques semaines. Si je puis compter vous avoir sûrement ici pour le dernier jour du mois, j'espère pouvoir vous donner lecture de mes Lettres avant de les faire partir, et j'en serais ravi.

Merci mille fois de toute la peine amicale que vous prenez pour notre septième numéro. Je viens encore de recevoir les offres de trois collaborateurs, inac ceptables tous trois. Adieu. — Sch.

Page 1